14 Juil, 2026

Le passage (I was a stranger)

Synopsis

Amira travaille dans un grand hôpital à Chicago. Un message d’anniversaire fait vibrer son téléphone et le passé refait surface. Des années plus tôt, le soir de ses 40 ans, une bombe pulvérise son appartement à Alep. Amira n’a alors qu’un réflexe : saisir sa fille et fuir. Sur le chemin de l’exil, elle découvre que l’espoir a parfois le visage d’un inconnu, la force d’un geste simple et le pouvoir immense de changer une vie. Jusqu’où iriez-vous pour sauver ceux que vous aimez ?

Le passage (I was a stranger

Informations

Par Brandt Andersen

Sortie en 2024

Casting

  • Omar Sy
  • Yassmine Al Masri
  • Yahya Mahayni
  • Ziad Bakri
  • Constantine Markoulakis
  • Ayman Samman
  • Saleh Bakri
  • Massa Daoud

Mon Commentaire

Récompensé largement, notamment par un prix du Public au Festival du film américain de Deauville en 2024 et par le prix d’Amnesty International au dernier Festival de Berlin, « le passage », réalisé par Brandt Andersen, ravive la mémoire sur un véritable drame vécu par des migrants. Cette fois, il ne s’agit pas de celui enduré par les populations d’Afrique Noire ou du Maghreb, mais de celui des réfugiés syriens à l’époque pas si lointaine où le pays, dirigé par le tyran président Bachir El Assad, subissait les représailles de son gouvernement dès lors qu’une voix de dissidence se faisait entendre. Époque terrible où le pays était de plus la cible des bombardements de l’armée de Tsahal…

C’est à ceux-ci qu’ Amira Homsi (Yassmine Al Masri) repense à l’occasion de son anniversaire, alors qu’elle travaille maintenant dans un grand hôpital de Chicago. Elle se revoit quelques années plus tôt, à Alep, à l’occasion de ses 40 ans qu’elle doit fêter en famille ; mais la fête tourne court, en raison d’un bombardement qui anéantit complètement l’immeuble où elle se trouve . Avec sa fille survivante, elle n’a plus qu’un objectif : fuir à l’étranger.

Brandt Andersen, réalisateur et par ailleurs activiste américain, a choisi de nous narrer l’histoire d’Amira en se focalisant sur cinq tableaux pour cinq rôles- clé : le sien, d’ex-médecin à Alep, celui de Mustafa (Yahya Mahayni) le soldat dont elle va croiser la trajectoire, celui de la personnalité du passeur amoral Marwan (Omar Sy), puis du poète Fathi (Ziad Bakri) qui cherche à fuir la Syrie en famille, et enfin sous l’angle du capitaine Stavros (Constantine Markoulakis) qui pilote une des vedettes grecques en charge de la récupération des clandestins sur l’île de Lesbos. La mise en scène choisie repose le chevauchement durant quelques heures des histoires de ces cinq personnages qui jamais n’auraient dû se rencontrer, mais qui sont réunis pour le même but : s’installer loin de leur pays d’origine, la Syrie, devenu le pays du cauchemar pour entamer une nouvelle vie.

Le mérite de Brandt Andersen – et en même temps le principal défaut du film – est de vouloir traiter en parallèle – et en moins de deux heures !- la vie de ces cinq personnages sans entrer davantage dans le détail du traumatisme qui les y a conduits pour les victimes,  ou dans ce qui les a poussés à devenir des bourreaux uniquement motivés par l’appât du gain. Tout cela avec un casting hors pair composé d’acteurs de premier plan tour à tour libanais, syrien, français (Omar Sy dans un rôle à contre-emploi glaçant), israélien ou grec…

« Le passage » relate en détail un des nombreux drames humains générés par la guerre – conséquence de la folie humaine depuis des siècles – qui vous tient en haleine de bout en bout : celui des réfugiés bien sûr, mais aussi celui des sauveteurs qui se battent pour sauver des vies au point parfois de sacrifier la leur. Un drame incontournable à découvrir.

Le verdict

17/20

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