« Il disait qu’il m’aimait. Il disait que c’est pour pouvoir exprimer cet amour qu’il me faisait ce qu’il me faisait, il disait que son souhait le plus cher était que je l’aime en retour...
5 Juin, 2026
L’avion, Poutine, l’Amérique… et moi
Résumé
Lorsqu’un drame familial bouleverse son existence, le narrateur, Français employé dans une grande banque américaine, quitte l’Amérique pour Genève, où il est chargé de développer les affaires avec la Russie communiste, qui vit ses derniers mois. Il se lie avec Pavel, un oligarque russe. Mais pressé par la CIA et par sa maîtresse de trahir ce dernier, il plaque tout et change à nouveau de vie.
Informations
L’avion, Poutine, l’Amérique… et moi
Par Marc Dugain
Année de sortie : 2024
Mon Commentaire
On connaît le talent d’écrivain de Marc Dugain pour réussir à nous faire entrer dans des univers qui se confondent avec ceux de la réalité. Dans ce roman au titre à rallonge, il nous emmène à la fin des années 80, et aborde avec son narrateur et personnage central, un Français travaillant pour une banque américaine, le monde complexe de la finance. Un drame dans la vie personnelle de celui-ci lui fait quitter les Etats-Unis pour l’Europe, et le conduit à une installation à Genève avec ses enfants . Pour lui, c’est un changement de cadre doublé d’un changement de métier : après les financements de flottes d’avion, il a désormais la charge de renforcer les affaires de la banque avec la Russie communiste dont les murs d’enceinte commencent sérieusement à se fissurer. Il se lie néanmoins d’amitié avec Pavel, un oligarque russe, qui va l’aider dans la signature de contrats, avant d’être la cible de pressions de la CIA.
Ce qui m’a séduit dans ce nouveau roman de Marc Dugain, c’est d’abord un retour dans ce milieu de la haute finance que j’ai côtoyé pendant plusieurs années à titre personnel. Une vie certes ‘branchée’ – mais pour moi évidemment pas à ce niveau – vécue sur un grand train mais sous stress permanent, alliant statistiques économiques et une concurrence individuelle féroce ! Du coup, toutes les séquences de rencontres du narrateur avec sa maîtresse qui émaillent le récit des ‘deals’ ne m’ont pas particulièrement intéressé. Mais la partie concernant la tranche de vie entamée après les États Unis s’avère autrement plus passionnante, puisqu’elle s’inscrit dans un contexte politique très particulier : celui des mois qui ont précédé la chute de l’Empire Soviétique entraîné physiquement par celle du Mur de Berlin. Notre narrateur subit alors des pressions extrêmes de part et d’autre des services secrets américain et russe, au point de jeter l’éponge et d’opérer à un retour à l’essentiel : sa famille et sa vie privée, avec le choix avéré de tirer un trait définitif sur ce monde factice de l’argent à gogo et préférer changer tout, pour se consacrer à l’écriture. De là à penser que le jeune homme rencontré au début du roman serait un double – ou presque – de Marc Dugain lui-même, il n’y a qu’un pas à franchir. Ses expériences professionnelles expliqueraient en partie l’aisance avec laquelle il peut se permettre d’apporter une analyse intelligente sur les dirigeants politiques de France, de Russie ou d’Amérique en avançant quelques théories sur les évènements nouveaux (attentats terroristes, prise de pouvoir par Poutine, etc.) qui ont marqué les années 90. Une chose est certaine cependant : les sphères géostratégiques des puissants ne se servent de leurs pions que pour mieux dominer.
Au total, il faut aussi considérer « L’avion, Poutine, l’Amérique… et moi » comme un roman introspectif sur l’amour et l’amitié sur fond d’espionnage, qui a le mérite de questionner sur le sens de la vie, sur la vérité, sur le pouvoir mais également sur l’authenticité des sentiments si l’on en exclut tout aspect pécuniaire. Un roman bien écrit qui se dévore vite et apporte un certain éclairage nouveau sur des faits qui se sont déroulés.
Le verdict
16/20
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