1 Juil, 2026

Mesopotamia

Résumé

Vous ne la connaissez pas, pourtant elle a tenu le monde entre ses mains. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Gertrude Bell a dessiné les frontière de l’Orient, dans ce désert sauvage où tout a commencé : le pays entre deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate.
Aventurière, archéologue, espionne, parlant l’arabe et le persan, elle fut la première femme puissante de l’Empire britannique, mais aussi une héroïne tragique. Idéaliste comme son ami et frère d’âme Lawrence d’Arabie. Impérialiste et courageuse comme le jeune Winston Churchill. Enfant aimée et incomprise d’une riche famille victorienne. Amoureuse éperdue. Et une énigme pour nous : celle des femmes que l’Histoire a effacées.
Olivier Guez lui rend sa gloire et nous offre une épopée flamboyante : de la découverte de gigantesques gisements pétroliers aux jeux de pouvoir cruels entre Britanniques, Français et Allemands, des négociations sous les tentes bédouines aux sables de Bagdad où se perdent nos rêves.
Le roman de Gertrude Bell dessine la vaste fresque de la première mondialisation, quand le plus grand empire de tous les temps s’approprie une contrée mythique et maudite, terre d’Abraham, du déluge et de Babel, tombeau d’Alexandre le Grand : la Mésopotamie. Le prix Jean d’Ormesson a été décerné à ce roman en 2025.

Informations

Mesopotamia

Par Olivier Guez

Année de sortie : 2024

Mon Commentaire

La Mésopotamie, berceau de tant de civilisations antiques, a traversé durant les siècles une histoire complexe qui valait bien au moins un ouvrage dense rien que pour évoquer comment la région a évolué politiquement pendant la période qui s’étire entre la fin du XIXème siècle et les années 1925, années qui ont été marquées par le recul forcé du colonialisme anglais …

C’est à travers le prisme d’une femme anglaise, Gertrude Bell, que l’on découvre comment s’est composé le paysage étatique sur l’espace situé entre les deux grands fleuves que sont le Tigre et l’Euphrate, avec la naissance d’un nouveau pays, l’Iraq. Gertrude Bell a été une pionnière en matière de géopolitique. On la découvre donc exploratrice, archéologue, photographe, politologue, et aventurière avant tout – il faut préciser qu’elle est l’une des filles de la riche famille victorienne de Hugh Bell, qui a fait fortune dans la métallurgie au XIXème siècle – et qu’elle donc dispose de moyens pécuniaires importants. C’est une femme talentueuse et intelligente, qui parle aussi bien l’arabe que le persan, ce qui lui vaudra de jouer les espionnes à plusieurs reprises pour le compte du gouvernement britannique. Bien que moins célèbre que son compatriote Thomas Edward Lawrence mondialement connu, elle sera également amenée à travailler aux côtés de ce ‘Lawrence d’Arabie’, son ami et frère d’âme. Mais il ressort du livre d’Olivier Guez un élément crucial : comblée d’un point de vue ‘professionnel’, elle n’aura en revanche jamais réussi à être heureuse et à devenir une femme accomplie côté vie privée…

« Mesopotamia » regorge de faits historiques agrémentés d’anecdotes qui mis bout à bout racontent comment cette région austère de la Mésopotamie s’est transformée, quitte à faire de l’ombre aux autres pays environnants tels que la Syrie, la Jordanie et l’Iran. On y découvre aussi comment Bagdad a été érigée, comment un premier roi a été installé par les Anglais, nonobstant les querelles entre les groupes ethniques auxquelles se sont additionnées les contraintes climatiques. Le récit de ces évènements sont émaillés par des chapitres faisant le récit – avec un décalage de quelques années – des moments clé qui ont jalonné la vie sentimentale mais aussi politique de Gertrude Bell…Une femme finalement peu connue malgré ses positions clairement impérialistes qui feront d’elle la femme la plus puissante de l’empire colonial britannique du début du XXème siècle.

Le reproche que je ferais à « Mesopotamia », c’est son côté foisonnant : trop de détails, trop de stratégies diplomatiques et les négociations territoriales obscures qui donnent parfois l’impression de perdre le fil de l’histoire de Madame Bell, et par voie de conséquence une certaine confusion dans les événements qui ont marqué l’Histoire de cette région du Moyen Orient qui s’est avérée un eldorado dès que le sous-sol pétrolier a fait l’objet d’une exploitation. Mais le roman d’Olivier Guez possède néanmoins le mérite de nous faire découvrir – ou de rappeler – les rôles cruciaux joués par les pays environnants (dont la Turquie) dans l’émergence du sentiment nationaliste arabe, dans également la façon dont est prise en considération l’idéologie du sionisme. Certes, ces évocations nous font aussi pénétrer dans les coulisses d’une histoire pas forcément reluisantes. Mais tout cela constitue un ensemble d’éléments explicatifs de la situation géopolitique d’aujourd’hui.

Le verdict

16/20

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