4 Juin, 2026
L’être aimé (il ser querido)
Synopsis
Réalisateur mondialement célèbre, Esteban Martínez revient en Espagne pour tourner son nouveau film. Il en offre le rôle principal à une jeune actrice inconnue, sa fille, qu’il n’a pas vue depuis treize ans. La jeune femme accepte cette formidable opportunité, mais sait qu’à l’occasion de ce tournage, elle va se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme un père. Le poids du passé menace de rouvrir leurs blessures.
L'être aimé (il ser querido)
Informations
Par Rodrigo Sorogoyen
Sortie en 2026
Casting
- Javier Bardem
- Victoria Luengo
- Raúl Arevalo
- Marina Foïs
- Melina Matthews
- Malena Villa
- Nuria Prims
- Raúl Prieto
Mon Commentaire
Le cinéma espagnol se porte bien et même très bien, lorsque à Cannes en compétition on retrouve non seulement un film de Pedro Almódovar, puis « la Bola Negra », cosigné par Javier Salvo et Javier Ambrossi, mais aussi le nouveau long métrage de Rodrigo Sorogoyen, dont le ton tranche si franchement avec les premiers thrillers du cinéaste, tel « Madre »(2020) ou l’excellent « As bestas »(2022).
Changement de registre total donc avec « l’être aimé », l’histoire magnifique d’ Esteban Martinez (Javier Bardem), un réalisateur mondialement connu, qui revient tourner son nouveau film en Espagne, dont il confie le rôle principal à une parfaite inconnue du public, qui n’est autre qu’Emilia (Victoria Luengo), sa fille qu’il n’a pas vue depuis 13 ans. Si Emilia accepte cette opportunité, elle n’est pas dupe du fait qu’il s’agit pour son père d’un moyen pour se rapprocher d’elle, comme s’il voulait compenser une absence paternelle…Au fil des jours de tournage le poids du passé va peser sur leur relation…
Si le fond de cette histoire fait indubitablement penser à celle de « Valeur sentimentale » de Joachim von Trier (primé à Cannes l’an dernier), cette fois Rodrigo Sorogoyen a choisi de nous faire vivre en direct le détail du tournage du film, jour après jour, scène après scène, au cours desquelles les tensions entre père et fille sont de plus en plus palpables et vont crescendo. Outre le suivi de cette relation conflictuelle magistralement interprétée, avec un Javier Bardem magistral qui aurait pu lui valoir un Prix d’interprétation au Festival, le spectateur suit donc avec grand intérêt tout le Making of d’un film avec toutes les équipes présentes sur le plateau… Mais il faut préciser que Victoria Luengo ne lâche rien non plus dans la qualité de son jeu face à ce père tantôt engeôleur tantôt diabolique, et prouve qu’elle est une actrice au potentiel immense.
La mise en scène de Rodrigo Sorogoyen est à la fois brillante mais étouffante, et personnellement je n’ai pas compris la raison pour laquelle le film est tantôt en couleurs, tantôt en noir et blanc. Probablement une Coquetterie de la part du réalisateur ?
« L’être aimé » est un film dramatique magnifique à ne pas manquer, qui met à mal le machisme avec en plus une mise en abyme pas banale et diablement efficace, qui de plus rend hommage à tous les corps de métier du septième art.




