28 Sep, 2026

Le chant des oliviers (Zejtune)

Synopsis

Sur le point de quitter Malte, Mar hérite de terrains après la mort de sa mère. En parcourant l’île pour récupérer ses terres, elle rencontre Nenu, gardien d’un chant ancestral qui l’entraîne dans des duels musicaux improvisés et met à l’épreuve son désir de fuir. Peu à peu, la jeune femme se réconcilie avec le pays auquel elle voulait tourner le dos.

Le chant des oliviers (Zejtune)

Informations

Par Alex Camilleri

Sortie en 2026

Casting

  • Michela Farrugia
  • Nenu Borg
  • Michael Azzopardi
  • Frida Cauchi
  • Sean James Sutton
  • Charles Sammut

Mon Commentaire

Alex Camilleri est un réalisateur maltais, ce qui rend d’office son travail intrigant du point de vue d’un cinéphile curieux, les réalisations de ce petit membre de l’Union Européenne – assez méconnu culturellement – étant, par essence, rares ! Pourtant, le pitch de départ du « chant des oliviers » s’avère assez banal : Mar (Michela Farrugia, magnifique) une jeune femme moderne qui a quitté Malte et très peu encline aux traditions, assistant aux obsèques de sa mère avec laquelle elle entretenait des relations distendues, découvre qu’elle est pourtant l’héritière de trois terrains, convoités par d’autres membres de la famille.

Alors qu’elle sillonne l’île pour tenter de les répertorier, les faire évaluer et les vendre, sa volonté initiale étant de quitter l’île à jamais, elle fait la rencontre d’un vieil homme, Nenu (Nenu Borg), gardien d’un chant ancestral, le ‘ghana’, sorte de rap improvisé, qui l’entraîne dans des duels musicaux improvisés. Bien malgré elle, Mar va avoir besoin des souvenirs et des relations de Nenu pour parvenir à ses fins. L’île ne bénéficiant pas de véritables registres légaux pour légitimer la propriété des biens et les témoins de générations anciennes disparaissant petit à petit, l’étrange mais attachant Nenu va ouvrir à Mar des portes inconnues sur la culture de son pays…

Certains crieront au film promotionnel pour aller visiter Malte ; je ne partage pas ce point de vue, et m’aligne sur les réactions négatives des autochtones montrées dans le film, provoquées par l’hyper-tourisme en cours. Pour ma part, ‘le chant des oliviers’ m’a fait découvrir la langue maltaise, toujours enseignée de nos jours, langue qui trouve ses origines dans un dialecte arabe sicilien, auquel sont ajoutés depuis quelques décennies quelques mots d’anglais. Quant à cette musique, c’est un peu la curiosité de ce long métrage ! Dès les premières scènes, on assiste à une véritable joute verbale chantée entre deux interprètes, dont le fameux Nenu Borg – 80 ans, ancienne star officielle de la discipline, à la voix nasillarde et criarde – avec comme fond musical quelque chose qui s’apparente au fado, au flamenco, ou à de la musique traditionnelle grecque. Ce dépaysement garanti apporte une dose d’originalité à un récit qui l’est certes moins. On est malgré tout séduit par les paysages sauvages, mais surtout par le jeu de Michela Farrugia, flamboyante femme moderne et décomplexée au caractère bien trempé, qui parvient aussi à nous émouvoir lorsqu’elle donne le change au personnage de Nenu. On prend plaisir à voyager avec eux à bord de la voiture rose de Mar, et d’analyser ces deux êtres en manque de lien qui découvrent la solidarité, l’amitié, la chaleur humaine.

Bref, un beau film lumineux, poétique et optimiste – on a parfois l’impression de retrouver ce qui fait le cinéma d’Abbas Kariostami – qui nous permet de mieux comprendre ce qui constitue cette grande culture européenne. Détour conseillé !

Le verdict

15/20

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