25 Sep, 2026

Mémoire de fille

Synopsis

Annie Ernaux est sollicitée pour une signature de son dernier ouvrage dans la ville de son enfance, Rouen. Alors qu’elle s’y rend, elle est prise d’un vertige et replonge dans le souvenir de l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur le reste de son existence.

Mémoires de fille

Informations

Par Judith Godrèche

Sortie en 2026

Casting

  • Tess Barthélémy
  • Valérie Dréville
  • Maïwenn Barthélémy
  • Victor Bonnel
  • Louise Labèque
  • Anja Verderosa
  • Mamadou Sidibé
  • Lancelot Courciéras

Mon Commentaire

sélection Cannes 2026 catégorie ‘Un certain regard’

N’étant pas grand connaisseur des œuvres d’Annie Ernaux malgré le Prix Nobel de littérature qui lui a été attribué en 2022, j’ai voulu découvrir une petite partie de son œuvre par le biais du cinéma avec « Mémoire de fille », cette adaptation du récit autobiographique de l’écrivaine par une autre femme, réalisatrice et actrice, Judith Godrèche, elle-même fervente militante contre les violences sexistes et sexuelles subies par les femmes.

Alors que l’écrivaine ( jouée adulte par Valérie Dréville) est sollicitée à Rouen, ville de son enfance, pour la signature de son nouveau livre, elle replonge dans son vécu de l’époque, en 1958, alors qu’elle est âgée de 17 ans et demi (Annie est incarnée par Tess Barthélémy, la fille de Judith Godrèche) et est engagée pour l’été comme monitrice d’une colonie de vacances dans l’Orne. C’est le temps de l’insouciance, des premiers émois amoureux et bientôt d’une sorte de coup de foudre, avec cette première nuit avec H (Victor Bonnel) un homme qui changera à jamais son existence.

La réussite de Judith Godrèche est d’abord d’avoir su reconstituer l’atmosphère de toute une époque, non seulement par la musique, aussi par les vêtements – la robe d’Annie représentant bien plus qu’ un simple souvenir, mais un vrai symbole – mais surtout par la mise en scène très soignée jouant beaucoup sur les clair-obscur et comme une sorte de monochromie donnant l’ impression que la jeune Annie vit comme dans un cocon dont elle ne parviendrait pas à s’extirper. Les scènes de rapports sexuels faisant ressentir la domination du corps masculin par opposition à la soumission de la femme sont extrêmement bien filmées, sans pour autant devenir insupportables…

Alors que l’on apprend qu’il y a très peu de dialogues dans le livre, Judith Godrèche parvient à donner la parole à tous ses personnages, pendant le temps de la colonie autant qu’après l’été lors des cours post baccalauréat, et surtout à faire s’exprimer son héroïne, notamment à travers toutes les lettres qu’elle écrit à ses amies, dont les sentiments évoluent bien évidemment de l’amour fou à une certaine forme de honte et de marginalisation.

La réussite du film tient également beaucoup à Tess Barthélémy (la propre fille de Judith Godrèche, qui fait penser à Isabelle Adjani jeune) qui incarne d’Annie jeune et est juste magnifique de sincérité puis de détermination…

Un magnifique film de femme à découvrir absolument pour mieux apprécier la force de caractère et le talent d’Annie Ernaux.

Le verdict

16/20

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