5 Juin, 2026
L’Objet du délit
Synopsis
Dans les coulisses d’une ambitieuse production de l’opéra “Les Noces de Figaro”, les tensions montent lorsqu’une accusation d’agression sexuelle éclate, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position. Les conflits d’opinion et de génération se font jour, et comme toujours chez Agnès Jaoui, le rire n’est jamais loin du drame.
L'Objet du délit
Informations
Par Agnès Jaoui
Sortie en 2026
Casting
- Daniel Auteuil
- Agnès Jaoui
- Eye Haïdara
- Claire Chust
- Oussama Kheddam
- Lucie Gallo
- Tiphaine Daviot
- Maxime Pambet
- Patrick Mille
Mon Commentaire
Sélection officielle Cannes 2026, présenté hors compétition
Retour à la réalisation pour Agnès Jaoui, quelque 8 ans après la disparition de son talentueux co-auteur et compagnon Jean Pierre Bacri, avec lequel elle formait un duo doté d’un large talent unanimement reconnu par le public et les professionnels.
Avec « l’objet du délit », c’est une œuvre à la thématique ‘casse gueule’ qu’elle nous propose, puisque la comédie qui prend sa source au cours des répétitions d’une ambitieuse production d’opéra des « Noces de Figaro », a pour fond d’abord les violences sexistes et sexuelles, le machisme et toute forme de discrimination. Sujet hautement sensible dans un contexte post « me too », à l’heure où Patrick Bruel à son tour est la cible de multiples accusations de gestes déplacés, de tentatives de viol ou d’actes de violence sur des femmes…
Pourtant, avec ce sujet hautement épineux, Agnès Jaoui nous propose une comédie réjouissante et décalée durant laquelle on rit ouvertement, que ce soit devant la mauvaise foi de certains hommes sur des actes qu’ils ont accomplis mais dont ils refusent s’assurer la responsabilité, ou à l’inverse devant des réactions peut-être un peu épidermiques de certaines femmes face à des gestes déplacés d’hommes. On ne pourra pas blâmer Agnès Jaoui de ne pas être ouvertement pro-féministe, mais néanmoins, avec « l’objet du délit », elle essaie de pousser tout le monde dans ses retranchements pour inciter les uns et les autres à prendre de la hauteur par rapport au sujet de la pression patriarcale et du machisme qui continuent à prédominer dans la société d’aujourd’hui.
Voilà pour le fond, mais la forme n’en est pas moins intéressante, avec l’organisation au fil des jours des répétitions pour la représentation dans le théâtre de plein air d’Orange du fameux opéra de Mozart « Les Noces de Figaro ». Dès les premiers jours, ces répétitions sont l’occasion de réflexions sectaires ou racistes, d’affichage de complexe de supériorité face aux plus novices, mettant en avant toutes les irritations reflétés par un conflit d’opinions sans comptes celui de générations.
On ne peut qu’applaudir devant la façon dont les tous les personnages sont écrits, qu’il s’agisse des rôles principaux – Daniel Auteuil en chef d’orchestre pleutre et égocentrique, Agnès Jaoui en diva, Eye Haïdara en cantatrice toujours à la recherche d’équité et de franchise…- autant que ceux plus secondaires, comme la timide et timorée metteuse en scène Mirabelle (Claire Chust), ou encore Samir,( Oussama Kheddam) le régisseur novice en matière d’opéra qui s’ouvre à la culture et va défendre les femmes …
Certains trouveront sans doute ces répétitions faisant penser à des comédies de Molière un peu longuettes …En contrepartie, le film nous offre le plaisir de redécouvrir Mozart et ses « Noces de Figaro » de façon extensive, ce qui n’est pas désagréable il faut en convenir !
Cette réalisation en solo d’Agnès Jaoui – même si pour le scénario elle a été assistée- prouve que même seule, elle n’a pas perdu de son talent, ni de son acidité pas plus que de son humour, d’autant qu’on la sent parfaitement à l’aise pour traiter du sujet de la violence faite aux femmes qu’elle a dû rencontrer à plusieurs moments lors de sa carrière d’actrice.




