20 Août, 2026
Rose
Synopsis
Au lendemain de la guerre de Trente Ans, un mystérieux soldat balafré s’installe dans un village isolé d’Allemagne. À force de labeur et de services rendus, il gagne la confiance des habitants et croit enterrer son secret. Alors que les villageois commencent à le considérer comme l’un des leurs, tout bascule lorsqu’ils se mettent à douter de sa véritable identité.
Rose
Informations
Par Markus Schleinzer
Sortie en 2028
Casting
- Sandra Hüller
- Maria Dragus
- Godehard Giese
- Robert Gwisdek
- Caro Braun
- Marisa Growaldt
- Augustino Renken
- Bastian Trost
Mon Commentaire
sélection Festival de Berlin 2026 – Ours d’argent – sortie le 9 septembre
Surtout depuis la Palme d’Or 2023 obtenue par « Anatomie d’une chute » on ne peut plus manquer un film dans lequel Sandra Hüller figure au casting, a fortiori lorsque ce dernier, « Rose », réalisé par le peu prolifique metteur en scène autrichien Markus Schleinzer s’est vu décerner un Ours d’argent lors de la dernière Berlinale pour sa prestation. Cette histoire dont l’action se déroule en Allemagne à la fin de la guerre de Trente Ans (1618-1648) a de plus tout pour intriguer : le retour au pays sous une fausse identité, un faux nom et un faux genre d’un mystérieux soldat (Sandra Hüller), au visage balafré qui souhaite s’installer dans son village protestant de sa naissance désormais déserté. Grâce à un travail acharné et une vigueur permanente, il va pourtant réussir à imposer sa présence, au point d’être accepté de tous les habitants. Mais le doute s’installe de nouveau au sein de la population après l’organisation du mariage du balafré avec Suzanna (Maria Dragus), la fille aînée du voisin qui lui a vendu la terre de sa propriété…
« Rose », c’est un peu notre « Retour de Martin Guerre »(réalisé par Daniel Vigne, en 1982), mais ici, il ne s’agit pas d’une histoire vraie, mais bien d’une fiction mi historique, mi conte. Ce qui n’empêche pas d’abord une véritable prouesse de mise en scène de paysages constitués de ruines fumantes et d’ossements, où règne la désolation et le dénuement, servie par une sublime image en noir et blanc. Et puis bien entendu le film aborde la place réservée aux femmes dans cette société protestante du XVIIème siècle, dont la pudibonderie, le machisme et le sectarisme n’ont rien à envier à l’époque de l’Inquisition, en termes de jugement et de punitions. Outre un magnifique rendu des activités agricoles de l’époque, le réalisateur Markus Schleinzer montre à quel point l’oppression féminine était présente dans cette société austère. Comme on s’y attendait, Sandra Hüller livre ici une partition impressionnante tout au long du film, qui touche vraiment au cœur lors du monologue sobre et sincère qu’elle adresse à la population niant sa volonté d’être un imposteur, mais assumant se sentir plus libre dès lors qu’elle porte un pantalon, utilisant ce travestissement comme un déguisement lui permettant de vivre à sa guise en toute sécurité .
Petit reproche pourtant : bien que défiguré et balafré, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre la supercherie concernant le mystérieux soldat ! Le film parvient en revanche à capter notre attention et à nous tenir en haleine dans l’attente de voir quels éléments vont être à l’origine de sa découverte…
Au total, un film historique pour le moins original qui vaut pour son esthétisme et le talent incontestable de la désormais célèbre Sandra Hüller.




