3 Juil, 2026
A voix basse
Synopsis
De retour en Tunisie pour les funérailles de son oncle, Lilia retrouve une famille qui ignore tout de sa vie à Paris. Déterminée à éclaircir le mystère de cette mort soudaine, Lilia se retrouve confrontée aux secrets d’une maison où cohabitent trois générations de femmes.
A voix basse
Informations
Par Leyla Bouzid
Sortie en 2026
Casting
- Eya Bouteraa
- Hiam Abbass
- Marion Barbeau
- Feriel Chammari
- Selma Baccar
- Lasaad Jamoussi
- Karim Rmady
- Younes Naouar
Mon Commentaire
Quatre ans après “Une histoire d’amour et de désir”, la réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid enrichit son œuvre avec ‘À voix basse’, drame sur fond de secrets familiaux, qui a été présenté au dernier Festival de Berlin. Une fois de plus, l’histoire souligne le fossé qui continue de persister entre la France et la Tunisie du côté de la tolérance : c’est le constat que va effectuer Lilia (Eya Bouteraa), une jeune ingénieure tunisienne installée en France qui rentre à Sousse, dans la maison familiale, alors que vient de décéder son oncle Daly, dans d’étranges circonstances. Mais sous ce toit où cohabitent trois générations de femmes, il est difficile de cerner la vérité, tant la loi du silence est de rigueur. Difficile aussi pour Lilia d’expliquer sa vie à Paris…
C’est bien la mort qui sert de point de départ à cette histoire qui va replonger Lilia dans le cadre de la tradition et des lois tunisiennes. Ainsi, au gré des jours de deuil familial suivant les funérailles traditionnelles de cet oncle, Leyla Bouzid nous embarque au plus profond des traditions tunisiennes et nous éclaire sur l’approche gouvernementale en matière d’homosexualité, qui encore aujourd’hui reste sévèrement répressible. L’homosexualité est toujours considérée comme une maladie voire une tare…Malgré ce constat aberrant, Lilia va devoir s’émanciper de sa famille, des traditions mais aussi des idées reçues, alors qu’elle est accompagnée dans son voyage par Alice (Marion Barbeau) présentée comme sa colocataire alors qu’elles vivent en couple…
Avec ce troisième long métrage, Leyla Bouzid confirme son statut de réalisatrice engagée et courageuse. Tout ici semble s’inspirer d’éléments réels : on découvre que la maison dans laquelle est tourné le film est celui de la propre grand-mère de la réalisatrice, et l’histoire est sublimée par une photographie particulièrement soignée, autant en ce qui concerne tous les détails qui constituent le décorum que dans la lumière avec laquelle les visages de ces femmes de tous âges sont filmés.
A signaler aussi la prestation sans faute de Eya Bouteraa, véritable découverte de ce film, et toute l’émotion qui ressort des scènes d’intimité qu’elle partage avec sa mère, interprétée par la désormais célèbre actrice Hiam Abbass.




