1 Juil, 2026
L’abandon
Synopsis
Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty, mais peu de gens connaissent réellement son histoire. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie, est assassiné à la sortie de son collège. À la lumière des enquêtes et des procès, ce film revient sur ses onze derniers jours, et l’engrenage qui a conduit à sa mort tragique.
L'abandon
Informations
Par Vincent Garenq
Sortie en 2031
Casting
- Antoine Reinartz
- Emmanuelle Bercot
- Emma Boumali
- Nedjim Bouizzoul
- Azize Kabouche
- Marie-Sonah Condé
- Mounira Barbouch
- Barbara Bolotner
Mon Commentaire
Sélection Festival de Cannes 2026 – Hors compétition
Si vous voulez comprendre à quoi peut ressembler le quotidien d’un prof de collège, en l’occurrence celui d’un professeur qui enseigne l’’Histoire-Géographie dans un collège à des classes de quatrième, qui de surcroît s’appelle Samuel Paty (Antoine Reinartz, très humblement convaincant), « l’abandon » est sans contestation possible un film à voir. Le dernier long métrage de Vincent Garenq, réalisateur connu pour porter à l’écran des ‘affaires sensibles’, nous conte les 11 derniers jours de la vie de Samuel Paty, puisqu’il a été assassiné sauvagement le 16 octobre 2020 à sa sortie de l’établissement par un islamiste fanatique. Tout est pourtant simplement parti du contenu d’un cours traitant du droit à la liberté d’expression…
Le film de Vincent Garenq traite froidement – trop ?- du déroulé des évènements qui ont suivi le fameux cours d’éducation civique sur le droit à s’exprimer et sur la laïcité de l’enseignement public en France, qui s’est appuyé sur la projection de couvertures du journal Charlie Hebdo. Ici, il n’y a guère de place pour les sentiments, tant les éléments de mise en place d’une ‘punition’ exemplaire se mettent en place implacablement. Il en ressort toutefois deux éléments forts du côté du collège : un manque patent de moyens du côté de la Direction, incarnée par la Principale (Emmanuelle Bercot, excellente), ainsi qu’un glaçant manque total de solidarité au sein de l’équipe des collègues enseignants vis-à-vis de Samuel Paty. Cette partie-là est très bien relatée, au point qu’on a l’impression que face à une menace palpable, le collège se retrouve devoir faire appel à un ensemble de groupes ou associations divers aux acronymes incompréhensibles, bref à un mur infranchissable…Quant à l’aide de la police, municipale comme nationale, on a clairement l’impression que les rouages de l’information sont bloqués…
Mais on peut reprocher certains points à ce film : une certaine simplification limite caricaturale de l’histoire qui, bien qu’elle ait été créée de toutes pièces, prend grâce à l’impact des réseaux des proportions tentaculaires, où l’opposition des Musulmans à la mise en place de cette ‘Fatwa’ semble finalement être trop marginalisée…L’autre reproche concerne la partie post-assassinat du film qui revient sur les lacunes et les manquements de l’enquête, partie qui n’apporte strictement rien à l’histoire, hormis d’insister un peu plus sur l’inefficacité policière y compris à haut niveau.
« L’abandon », c’est le sentiment perçu d’abord par Samuel Paty lors des derniers jours de son existence, mais surtout celui très légitime dont s’est sentie victime sa famille à sa mort…D’autant que les menaces explicites d’actions violentes reçues par la Direction de l’établissement auraient dû alerter les services de la DGSI…




