6 Fév, 2026

Les guerriers de l’hiver

Résumé

« Je suis certain que nous avons réveillé leur satané Sisu.
– Je ne parle pas leur langue, camarade.
– Et je ne pourrais te traduire ce mot, car il n’a d’équivalent nulle part ailleurs. Le Sisu est l’âme de la Finlande. Il dit le courage, la force intérieure, la ténacité, la résistance, la détermination…
Une vie austère, dans un environnement hostile, a forgé leur mental d’un acier qui nous résiste aujourd’hui. »
Imaginez un pays minuscule.
Imaginez-en un autre, gigantesque.
Imaginez maintenant qu’ils s’affrontent.
Au cœur du plus mordant de ses hivers, au cœur de la guerre la plus meurtrière de son histoire, un peuple se dresse contre l’ennemi, et parmi ses soldats naît une légende.
La légende de Simo, la Mort Blanche.

Informations

Les guerriers de l’hiver

Par Olivier Norek

Année de sortie : 2025

Mon Commentaire

Les œuvres faisant le récit des épisodes de la seconde guerre mondiale ne se comptent plus, qu’il s’agisse d’ouvrages traitant du IIIème Reich, de l’Holocauste, de l’occupation, ou encore de l’organisation de la résistance…Mais avec « les Guerriers de l’hiver », Olivier Norek quitte le domaine du polar dans il lequel il excelle d’habitude pour raconter comment un conflit méconnu survenu en 1939, conflit hautement meurtrier qui a opposé pendant une centaine de jours David à Goliath, en l’occurrence l’armée finlandaise et celle autrement plus puissante de l’Armée Rouge de Staline. Olivier Norek nous propose le récit de la vie d’un homme pas tout à fait comme les autres, Simo Häyhä, un tireur d’élite finlandais devenu héros national lors de la Guerre d’Hiver qui opposa son pays à l’URSS en 1939.

Le roman s’ouvre donc en novembre 1939, au cœur d’une jeune nation finlandaise indépendante depuis seulement 22 ans. Alors que Noël approche, le pays reste sur la réserve alors que d’un côté l’Allemagne nazie a déjà déclaré la guerre à de nombreux pays européens après avoir envahi la Pologne. Mais pour la Finlande, le danger imminent est plutôt russe ! Alors que l’Union soviétique est sur le point de l’envahir , l’urgence est à la défense de son territoire. C’est ainsi que sont mobilisés de nombreux paysans pour défendre leur pays corps et âme, parmi lesquels Häyhä, un jeune homme qui chasse au fusil depuis sa plus tendre enfance et se transforme en véritable héros de la patrie, et auquel sera donné le surnom de « «Belaya Smert», alias la « Mort Blanche ». Un sniper pas tout à fait comme les autres qui deviendra la bête noire de nombreux soldats combattant sous le drapeau de l’Union Soviétique.

Ce qui séduit dans ce roman, c’est la façon dont Olivier Norek reconstitue un épisode central de l’Histoire de la jeune république finlandaise en nous faisant partager le quotidien d’un certain nombre de ses combattants. On découvre que malgré une certaine expérience en la matière, les soldats finlandais ont été confrontés à des conditions météorologiques extrêmes, auxquelles l’armée ennemie bien que beaucoup plus nombreuse n’a pas été préparée…Mais on comprend aussi que cette « Guerre de l’Hiver » n’a guère laissé de trace dans les livres d’histoire, peut -être hormis ceux de la Finlande : du côté russe, il est clair que Staline n’a jamais pu se vanter d’avoir vaillamment gagné le conflit alors que les pertes humaines ont été considérables, et du côté européen, les aides et l’envoi de troupes promises par la France et l’Angleterre n’ont jamais été mises en pratique…Quant à la neutralité de la Suède voisine de la Finlande, elle était surtout confortable dans l’idée d’assurer la vente de minerais aux plus offrants, donc en priorité à l’Allemagne…

« Les guerriers de l’hiver » est un roman qui fait aussi indubitablement penser à l’actuel conflit russo-ukrainien, notamment par la façon dont le pouvoir russe pratique sans vergogne l’art du mensonge et des arrangements avec la façon dont les évènements se sont déroulés.

Digne d’un travail d’orfèvre tant il est riche en anecdotes et témoignages, on comprend pourquoi ce roman d’Olivier Norek a été sélectionné dans les premières listes du Goncourt et du Renaudot.

Le verdict

17/20

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