30 Juil, 2026
La petite bonne
Résumé
Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d’aller prendre l’air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d’amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s’ils se surprenaient ?
Informations
La petite bonne
Par Bérénice Pichat
Année de sortie : 2025
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Prix des Libraires 2025
Voilà, c’est fait ! J’ai lu, ou plutôt dévoré cette « Petite Bonne » vantée par tant de lecteurs-trices. Il faut dire que le roman n’est pas très épais, et que le style très épuré, proche du parler lorsque s’exprime la jeune bonne, n’en remplit souvent que partiellement les pages. Cela ne signifie pas pour autant que ces déclarations ou monologues sont dénués d’intérêt : ils sont simplement les émanations de la tête d’une jeune femme, travailleuse, courageuse et de condition sociale très simple, qui attestent de plein de bon sens mais surtout débordent d’humanité.
Rappelons simplement que l’action du livre se déroule dans le Paris du début des années 1930, alors que la France se remet péniblement des affres de la première guerre mondiale qui ont laissé tant de soldats sur le carreau, mais permettant à quelques ‘gueules cassées’ de regagner leur foyer et leur famille. Familles certes heureuses de retrouver les combattants survivants, mais dont les corps, esprits et visages mutilés finissent vite par susciter plus d’horreur que de compassion. Hormis donc chez cette petite bonne qui travaille sans plus d’état d’âme au service exigeant des Daniel, Monsieur constituant l’exemple type du survivant. Madame se décide à laisser son mari aux bons soins de cette petite employée le temps d’un long week-end à la campagne chez une amie, ignorant les véritables desseins de son mari…
Bérénice Pichat nous propose un roman magnifique qui brosse le portrait de la société française des années 30. En adoptant une structure alternant des passages en vers libres et des passages en prose, tous à la troisième personne, l’autrice se permet d’aller directement analyser le fond de la pensée des personnages qu’elle aborde. Elle souligne bien entendu le grand écart de psychologie entre les différentes composantes de la société, clivage qui va bientôt exploser et permettre à la classe populaire de se libérer. Mais pour l’heure, l’obéissance est la norme, l’esprit d’initiative des ‘petites gens’ immédiatement condamné…Pourtant, l’autrice parvient dans ce monde rempli de préjugés à nous emmener vers des instants de bonheur sublimés, notamment autour de la musique, que Monsieur Daniel, pianiste renommé avant-guerre, va faire découvrir à cette jeune femme certes manquant d’éducation mais dont la générosité de tempérament, la patience et la douceur vont enfin lui apporter un peu du réconfort et d’humanité.
Ce livre est magnifique et extrêmement touchant, malgré toutes les injustices sociales qui y sont rappelées. A découvrir absolument.





