11 Oct, 2025

Lumière pâle sur les collines (A pale view of hills)

Synopsis

Royaume-Uni, 1982. Une jeune anglo-japonaise entreprend d’écrire un livre sur la vie de sa mère, Etsuko, marquée par les années d’après-guerre à Nagasaki et hantée par le suicide de sa fille aînée. Etsuko commence le récit de ses souvenirs trente ans plus tôt, lors de sa première grossesse, quand elle se lia d’amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, une jeune veuve qui élevait seule sa fille. Au fil des discussions, l’écrivaine remarque une certaine discordance dans les souvenirs de sa mère… les fantômes de son passé semblent toujours là – silencieux, mais tenaces.

D’après le roman de Kazuo Ishiguro – Lauréat du prix Nobel de littérature.

Lumière pâle sur les collines (A pale view of hills)

Informations

Par Kei Ishikawa

Sortie en 2025

Casting

  • Suzu Hirose
  • Fumi Nakaidô
  • Yoh Yoshida
  • Camilla Aiko
  • Kouhei Matsushita
  • Tomokazu Miura
  • Lynette Edwards
  • Rie Shibata

Mon Commentaire

Après « The man »sorti en 2024, le réalisateur japonais Kei Ishikawa nous propose une très jolie adaptation du tout premier roman de Kazuo Ishiguro (écrivain naturalisé britannique nobelisé en 2017), « Lumière pâle sur les collines », paru en 1982. Le film, partagé entre des scènes survenues au Royaume Uni en 1982 et un retour dans la région de Nagasaki dans les années d’après-guerre dans les années 50 , suit la vie d’une femme japonaise, Etsuko (Suzu Hirose) et de sa famille. En 1982, Niki (Camilla Aiko) la fille cadette anglo-japonaise d’Etsuko, interroge sa mère sur son passé et notamment le suicide étrange de sa sœur aînée…Pourtant, lorsqu’ Etsuko évoque les souvenirs d’une vie apparemment heureuse avec son mari machiste Jiro (Kouhei Matsushita) et sa rencontre avec Sachiko (Fumi Nakaidô) une voisine qui élève seule sa petite fille, Niki constate une certaine incohérence dans les propos de sa mère…

Ce qui d’emblée séduit dans ce film, c’est la beauté de la photographie notamment pour toutes les scènes qui se déroulent au Japon, où une espèce de brume légère nimbe les paysages et mais aussi les visages des personnages que l’on suit, rendant les scènes des années 50 très réalistes. Si les actrices sont par ailleurs sublimes, le récit pêche un peu par le trop grand nombre de flashbacks-flashforwards qui finissent par brouiller un peu l’intrigue.

Mais passé ce côté esthétique, le film surtout constitue un témoignage passionnant et plein de sensibilité sur les traumatismes physiques et psychologiques indélébiles laissés sur les populations touchées par les bombes atomiques américaines larguées sur Hiroshima et Nagasaki en 1945 . Kei Ishikawa fait partie de la jeune garde du cinéma japonais mais malgré sa jeunesse – il a 48 ans – analyse avec une belle précision le ressenti des populations victimes des bombardements qui doivent de plus vivre sous occupation américaine, et qui se questionnent aussi sur le mode d’éducation japonais d’avant-guerre qui ont inculqué aux jeunes une idée basique de la supériorité nationale par rapport aux étrangers.

Un très beau film touchant et pudique sur le poids de l’histoire et les traumatismes de nombreuses familles qui ont dû réapprendre à vivre.

Le verdict

16/20

Voir la bande-annonce

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