28 Août, 2026

Lettres d’amour de ma grand-mère (Gei a Ma de Qing Shu – Dear You)

Synopsis

Pendant des décennies, Ye Sogriu a survécu grâce aux lettres et aux mandats que son mari lui envoie depuis la Thaïlande. Lorsque son petit-fils Hiou-ui part sur les traces de son grand-père, il découvre que l’histoire derrière cette correspondance est bien différente de ce que la famille avait toujours imaginé. À mesure que ressurgissent des souvenirs enfouis et des gestes de dévouement restés dans l’ombre, se dessine le portrait d’existences liées par la séparation, le sacrifice et le temps.

Lettres d'amour de ma grand-mère (Gei a Ma de Qing Shu - Dear You)

Informations

Par Lan Hongshun

Sortie en 2026

Casting

  • Li Sitong
  • Wang Yantong
  • Wu Shaoqing
  • Zheng Runqi
  • Wang Xiaohui
  • Li Shuhao
  • Usha Seamkhum

Mon Commentaire

Lan Hongchun est un jeune réalisateur chinois qui a commencé à tourner assez récemment, mais dont la caractéristique est la langue, le ‘teochew’ (Chaozhou en mandarin), un dialecte parlé dans certaines régions du sud-est de la Chine, ainsi que par les expatriés chinois qui se sont installés au cours des décennies en Thaïlande et au Cambodge. Phonétiquement parlant, on se rapproche du Cantonnais, langue à 7 tons dont l’intensité souvent forte n’est pas toujours très agréable à entendre pour un occidental…

« Lettres d’amour de ma grand-mère » est son troisième long métrage (le premier à sortir en France) , qui raconte comment la désormais âgée Ye Sogriu (Wu Shaoqing) a continué à vivre et élever ses trois enfants alors que son mari, Xie Nanzhi (Li Sitong) fuyant la conscription au temps de la guerre civile a émigré en Thaïlande. Tout cela semblait une affaire classée, jusqu’à ce que Houi-ui, le petit fils endetté, mette la main sur les échanges épistolaires de ces grands parents, dans lesquels il découvre que ce grand père inconnu est devenu richissime…Il part donc à sa recherche en Thaïlande, mais va découvrir une histoire toute autre que celle qui circule chez les siens…

Une fois l’oreille habituée à la tonalité criarde du dialecte, on découvre que les Chinois du sud-est ont été très nombreux à fuir leur pays à l’époque dans les années 50, pour se reconstruire une nouvelle vie à partir de pas grand-chose à l’étranger, dans différents pays où ils n’étaient bien sûr pas les bienvenus. A force de travail, c’est via les ‘qiaopis’, ces lettres rédigées par des écrivains publics auxquelles étaient joints des mandats que ces ‘expatriés’ donnaient des nouvelles quand ils le pouvaient et apportaient un soutien pécuniaire à la famille restée au pays…

Lan Hongchun revient sur un élément peu connu des occidentaux, celles de la multitude de ces lettres rédigées par des écrivains publics dont l’écriture constituait une part très importante de leur travail de confiance : cet ensemble de lettres est aujourd’hui inscrit au registre Mémoire du monde de l’Unesco. Postulat qui sert de base à cette jolie fiction qui se déroule sur quatre époque et qui tient gentiment en haleine, tout en réservant un certain nombre de rebondissements.

Partant d’un budget très serré, « Lettres d’amour de ma grand-mère » a rencontré un grand succès inattendu auprès du public chinois depuis le printemps, le public chinois étant de plus en plus séduit par des histoires de famille et par le récit des traditions, quitte à verser une larme…

 

Le verdict

15/20

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