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19 Mar, 2026
Les rayons et les ombres
Synopsis
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’histoire vraie de Jean et Corinne Luchaire, un père et sa fille pris dans l’engrenage de la collaboration.
Les rayons et les ombres
Informations
Par Xavier Giannoli
Sortie en 2026
Casting
- Jean Dujardin
- Nastya Golubeva
- August Diehl
- Vincent Colombe
- Philippe Torreton
- André Marcon
- Maria Cavalier-Bazan
- Nicolas Avinée
- Chloé Astor
Mon Commentaire
Après le génial et multirécompensé film « les illusions perdues », il était difficile d’imaginer comment Xavier Giannoli allait poursuivre cette brillante carrière de metteur en scène et maintenir ce niveau de qualité en termes de créativité. Mais on peut d’ores et déjà dire qu’avec « les ombres et les rayons », il a placé la barre très haut ! Puisque si son nouvel opus, dont il a cosigné le scénario avec Jacques Fieschi, traite de la seconde guerre mondiale, il nous immerge pour cette fois dans le monde peu connu des collaborationnistes. Ainsi, son nouvel opus est inspiré d’une histoire véridique, celle de Jean Luchaire (Jean Dujardin) un puissant magnat de la presse homme de gauche à l’origine, et de sa jolie fille Corinne (Nastya Golubeva) qui, juste avant-guerre, va devenir la vedette fétiche de bon nombres de cinéastes de l’époque.
De fait, on apprend qu’avant l’invasion nazie, certains allemands, dont Otto Abetz (August Diehl), ami intime et de longue date de Jean Luchaire, s’étaient déclarés ouvertement hostiles à une nouvelle guerre en Europe et à la préservation de la paix après le désastre humain de 14-18… Pour autant, on comprend qu’ils n’avaient pas anticipé – ou pas oser évoquer – la montée en force la politique Hitlérienne, et les circonstances qui vont les faire évoluer vers un statut de farouches partisans, soutien zélé du régime de Pétain pour Luchaire et acteur militaire sans état d’âme du régime nazi pour Otto Abetz, devenu ministre de la Culture du Reich.
Sans rien dévoiler de plus de film fleuve de 3h15 –temps que l’on ne voit finalement pas passer tant le film est passionnant -, précisons juste qu’il reprend l’ensemble des souvenirs de Corinne Luchaire sur toute la période couvrant avant-guerre, occupation nazie et libération, qu’elle a enregistrés sur un magnétophone en 1948. Mais Xavier Giannoli adopte une mise en scène simple et directe pour raconter les scènes clé illustrant chaque évènement : pas de flashbacks ni d’images d’archives, juste des scènes illustrant les souvenirs de la jeune artiste, qui vit comme dans une bulle créée artificiellement par ce père au nom devenu incontournable dans les plus hautes sphères pétainistes et nazies…
« Les rayons et les ombres » s’avère être en même temps un film foisonnant mais qui retrace avec une intelligence d’une grande limpidité tout un pan très sombre de notre histoire, avec la mise en présence de grands patrons de la presse et d’éditorialistes politisés, des stars du cinéma et d’intellectuels incontournables de l’époque, qui s’épanouissaient dans ce monde où la débauche en tout genre semblait monnaie courante alors que la population française crevait de faim…On ne peut bien sûr pas s’empêcher d’établir un certain parallèle avec certaines situations actuelles .
Cette fresque inédite sur la Collaboration est servie par une interprétation hors pair de Jean Dujardin, à son meilleur niveau, mais aussi et surtout par la véritable révélation du film, Nastya Golubeva (dont on apprend qu’elle est la fille du metteur en scène Léos Carax) qui crève ici littéralement l’écran et s’impose comme le visage d’une magnifique jeune comédienne à suivre ( elle sera sûrement la prétendante à un César du meilleur premier rôle féminin en 2027 !)
En tout cas, c’est un film à ne manquer sous aucun prétexte – film dont la promotion a été de façon surprenante assez limitée – , et qui fait rentrer Xavier Giannoli dans le cercle très restreint des très grands réalisateurs.
Le verdict
17/20
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