9 Jan, 2026

Le maître du kabuki (Kokuho)

Synopsis

Nagasaki, 1964 – A la mort de son père, chef d’un gang de yakuzas, Kikuo, 14 ans, est confié à un célèbre acteur de kabuki. Aux côtés de Shunsuke, le fils unique de ce dernier, il décide de se consacrer à ce théâtre traditionnel. Durant des décennies, les deux jeunes hommes évoluent côte à côte, de l’école du jeu aux plus belles salles de spectacle, entre scandales et gloire, fraternité et trahisons… L’un des deux deviendra le plus grand maître japonais de l’art du kabuki.

Le maître du kabuki (Kokuho)

Informations

Par Sang-il Lee

Sortie en 2025

Casting

  • Ryô Yoshizawa
  • Ryusei Yokohama
  • Soya Kuokawa
  • Keitatsu Koshiyama
  • Mitsuki Takahata
  • Nana Mori
  • Shinobu Terajima
  • Min Tanaka
  • Ken Watanabe

Mon Commentaire

Si vous vous intéressez à la culture japonaise, vous connaissez sans aucun doute le théâtre du kabuki, un genre de théâtre historique créé au XVIIème siècle qui fait toujours partie de la tradition japonaise de nos jours, et qu’on peut toujours découvrir sur les scènes de théâtre de Kyoto, Osaka et surtout Tokyo.

Ce film, signé du réalisateur japonais Sang-il Lee – mais dont le nom rappelle qu’il est d’origine coréenne – rend à cet art un vibrant hommage, mais en rappelant surtout qu’on ne s’improvise pas acteur du kabuki. Preuve en est cette adaptation magnifique du roman éponyme de Shuichi Yoshida (2018), qui explique comment, à Nagasaki, en 1964, Kikuo (Ryô Yoshizawa) un jeune homme doté d’un vrai talent théâtral va devenir le «Maître du kabuki »…Pourtant, on ne devient pas facilement un ‘onnagata , cet acteur incroyable qui incarne des rôles de femme dans ces pièces traditionnelles, mi-contes fantastiques, mi-fables religieuses. Néanmoins, à la mort de son père, chef d’un gang de yakuza, Kikuo, confié à la formation de Hanjiro (Ken Watanabe) un maître du genre, va entamer une formation physique intense en même temps que Shunsuke (Ryusei Yokohama), le fils légitime et héritier de la famille, dont le sang est le vecteur de transmission de cet art…

Outre l’avantage de nous fournir de nombreuses explications sur l’art du kabuki – art qui m’a fait également penser à celui de l’Opéra de Pékin – l’atout de ce film est de nous montrer toutes les difficultés que peuvent rencontrer les élèves qui se prêtent à d’intenses formations physiques et vocales. Si ces presque trois heures de spectacle intense passent très vite, c’est que nos yeux ne se lassent pas de la beauté de la photographie, que ce soient celles des intérieurs et extérieurs japonais, comme de la magnificence des costumes et des visages maquillés – filmés en très gros plans – utilisés lors de ces pièces qui sont interprétées, déclamées mais aussi dansées. Tout cela conduit à un dépaysement total qui nous emmène, pendant une période d’une cinquantaine d’années, sur les traces de Kikuo et de Shunsuke, duo d’acteurs incroyables…Il faut rappeler que même actuellement, ces élèves du Kabuki dont l’art et le talent si spécifiques, sont encore rejetés par les Japonais qui méprisent ce qu’ils représentent et n’hésitent pas à les agresser physiquement en les humiliant pour leur féminisation…

Ce qui tient le spectateur également, c’est cette histoire de compétition fratricide qui s’affirme au cours de l’existence de ces deux élèves formés conjointement par le même maître, mais dont un seul et unique a le droit d’être proclamé comme héritier de cet art… Sang-il Lee nous propose ainsi une histoire d’amitié poignante et parfois violente qui pimente cette moitié de siècle survolée, les multiples ellipses agissant comme des moyens de redynamiser le récit.

On comprend bien pourquoi « Le Maître du Kabuki » a rencontré un énorme succès au Japon, mais même si cet art peut nous paraître hermétique, laissez-vous emporter par cette œuvre d’une beauté stupéfiante assortie d’une histoire poignante, Un grand moment de cinéma et un voyage initiatique au Japon.

Le verdict

17/20

Voir la bande-annonce

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