Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien...
3 Mai, 2025
La chambre de Mariana
Synopsis
1943, Ukraine, Hugo a 12 ans. Pour le sauver de la déportation, sa mère le confie à son amie d’enfance Mariana, une prostituée qui vit dans une maison close à la sortie de la ville. Caché dans le placard de la chambre de Mariana, toute son existence est suspendue aux bruits qui l’entourent et aux scènes qu’il devine à travers la cloison…
La chambre de Mariana
Informations
Par Emmanuel Finkiel
Sortie en 2025
Casting
- Mélanie Thierry
- Artem Kyryk
- Julia Goldberg
- Yona Rozenkier
- Minou Monfared
- Anastasia Fein
Mon Commentaire
Le réalisateur Emmanuel Finkiel poursuit son étude sur la Shoah en nous proposant cette fois une vision de la seconde guerre mondiale depuis un pays dont on parle beaucoup depuis quelques années, où le nazisme là aussi a fait des ravages à l’époque : l’Ukraine. Avec « la chambre de Mariana », il adapte à l’écran le roman éponyme de Aharon Appelfeld, à forte connotation autobiographique : Hugo (Artem Kyryk) 12 ans est évacué du ghetto par sa mère Yulia (Julia Goldberg) qui, craignant une rafle, le confie à la garde de Mariana (Mélanie Thierry), une amie jeune prostituée. Celle-ci lui promet de la cacher dans le placard de la chambre qu’elle occupe dans une maison-close à la sortie de la ville…
Le film raconte comment Hugo s’éveille à ce monde violent depuis son refuge dont il explore les bruits et les quelques images à travers les fentes et les trous qui composent son tout petit univers, ce placard glacial dont il sort uniquement sur ordre de Mariana pour se réchauffer l’hiver. C’est également pour Hugo l’histoire de la découverte de l’amour et de la tendresse, et l’apprentissage de la survie préférable à la peur. Emmanuel Finkiel pour retranscrire cette atmosphère mise beaucoup sur le hors champ, sur les visions d’Hugo à travers les interstices, mais aussi sur la rêverie du garçon dont les souvenirs d’enfance ont tendance à s’estomper en se mélangeant avec la réalité, puis disparaissent…
Même si cette thématique de la cache a été largement abordée chez les cinéastes cette année, la réussite du film tient pour beaucoup à la poésie qui émane du récit, ainsi qu’aux interprètes magnifiques : d’une part, une Mélanie Thierry lumineuse, époustouflante d’authenticité dans la peau de cette prostituée ukrainienne (dans la langue !) au comportement partagé entre dégoût, rage de survivre et véritable tendresse naissante à l’égard de cet presque adolescent. Et puis, Artem Kyryk, qui incarne cet enfant qui, d’abord renfermé sur lui-même, parvient à s’extirper de la peur et de la tristesse en remettant sa vie aux mains de Mariana, en étant prêt à combattre pour sa survie. Bien que le film se déroule essentiellement sous la forme d’un huis clos, les quelques ouvertures temporaires de la porte du placard où loge Hugo apportent une bouffée d’oxygène bienvenue et une lumière salvatrice.
Un film magnifique, intense et touchant, qui devrait voir la véritable prouesse d’actrice de Mélanie Thierry (interprète fétiche d’Emmanuel Finkiel) récompensée par une nomination aux César !
Le verdict
16/20
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