3 Oct, 2026
Justin le Juste
Synopsis
1915. La guerre, c’est une terre inconnue où l’on envoie Justin, misérable paysan, à une époque où il doit s’occuper de ses champs. Il doit partir se battre, au nom d’une loi qu’il ignore, contre un ennemi qu’il n’a jamais vu, alors qu’il ne rêve que de rester dans sa ferme. Sa rencontre avec Basile, un tirailleur sénégalais, va lui ouvrir les yeux sur cette guerre qu’il ne comprend pas. C’est avec lui, qu’il va se révolter contre les injustices d’un commandement absurde, et devenir un héros pas comme les autres.
Inspiré de Justin-le-Juste ou La charrette de Jean Pompougnac
Justin le Juste
Informations
Par Éric Barbier
Sortie en 2026
Casting
- Alban Ivanov
- Birane Ba (de la Comédie Française)
- Alexandra Lamy
- Nicolas Avinée
- Thierry Hancisse
Mon Commentaire
Depuis « Le brasier»(1990), film qui l’a révélé, Éric Barbier a parcouru un long chemin, avec des réalisations plus ou moins réussies. Pour ma part, j’avais beaucoup aimé les adaptations de « la Promesse de l’aube » (2017) ou de « Petit pays »(2019), mais plus récemment,« Zodi et Tehu »(2023) ne m’avait pas emballé…Cette fois, « Justin le Juste » est une fiction, certes inspirée d’un roman éponyme signé par l’humoriste Jean Pompougnac, sorti en 1967, qui relate les ‘mésaventures’ de Justin (Alban Ivanov), un pauvre paysan appelé en 1915 – comme de nombreux autres de sa condition- à rejoindre l’armée pour combattre l’Allemagne. Alors que les travaux des champs exigent sa présence, Justin, analphabète et sans grande culture, ignore tout de ces ennemis à combattre, autant que les raisons de cette guerre. Pourtant, sa rencontre fortuite dans les tranchées avec Basile (Birane Ba) un tirailleur sénégalais va malgré lui l’entraîner vers des prises de position et des actions qu’il n’aurait jamais imaginées…
Éric Barbier prend pour prétexte la façon dont durant la première guerre mondiale de nombreux paysans ont été incorporés dans l’armée pour servir de chair à canon pour évoquer un autre drame : celui des soldats du front qui ont été exécutés à la demande de leurs officiers supérieurs pour des raisons de simple désobéissance face à des ordres absurdes de la hiérarchie militaire…Et par la même occasion, il rappelle que de nombreux soldats d’origine africaine ont été enrôlés de force dans le conflit.
Malgré quelques invraisemblances notamment dans sa façon de s’exprimer un peu trop bien construite et compréhensible, Alban Ivanov alias « Justin le Juste » trouve ici un rôle à la mesure de son talent souvent galvaudé : il arrive ici un juste équilibre entre la naïveté de son personnage et le rôle inattendu de héros qu’il va acquérir, tout en soulignant l’absurdité du conflit et de certains ordres émanant d’officiers supérieurs, tels que le Colonel Joyard (Thierry Hancisse), personnage particulièrement odieux. Au milieu de ce magma masculiniste, Alexandra Lamy campe le rôle de Marie Baratier, une journaliste jusqu’au boutiste du Canard Enchaîné plutôt crédible.
Un film qu’on regarde avec une certaine indulgence mais sans déplaisir.




