20 Jan, 2026

Furcy, né libre

Synopsis

Ile de la Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l’esclave Furcy découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l’aide d’un procureur abolitionniste, il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits.

Inspiré d’une histoire vraie. Adaptée du livre « L’Affaire de l’esclave Furcy » de Mohammed Aïssaoui.

Furcy, né libre

Informations

Par Abd Al Malik

Sortie en 2025

Casting

  • Makita Samba
  • Romain Duris
  • Ana Girardot
  • Vincent Macaigne
  • Liya Kebede
  • Frédéric Piérot
  • André Marcon
  • Micha Lescot

Mon Commentaire

Après « Qu’Allah bénisse la France »(2014) et la réalisation de deux séries, le rappeur compositeur réalisateur et producteur Abd Al Malik nous propose pour son second long métrage un saut dans le passé avec l’adaptation d’un livre, « L’Affaire de l’esclave Furcy ,  lui-même inspiré de faits réels. Un film dont l’action se déroule au tout début du XIXème siècle, sur l’île Bourbon – aujourd’hui Ile de La Réunion- qui retrace le calvaire de Furcy (Makita Samba, épatant de bout en bout), un esclave qui découvre en 1817 au décès de sa mère des documents qui prouveraient qu’il est en fait un homme libre…Il décide alors d’attaquer en justice son ‘maître’ Lory (Vincent Macaigne, dans un rôle de composition d’un méchant très crédible ), épaulé par Maître Gilbert Boucher (Romain Duris) un avocat abolitionniste pour faire reconnaître ses droits d’homme libre. Mais à cette époque, il est très difficile de batailler contre les esclavagistes français et il faudra à Furcy pas moins de 26 années pour arriver à ses fins.

Ce qui interpelle ici, c’est que les films français traitant du fléau de l’esclavagisme dans les colonies sont rarissimes, d’où un intérêt particulier en matière historique et philosophique…Certes, dans un premier temps le traitement de l’histoire pourrait apparaître un peu trop manichéen, mais force est de se rendre à l’évidence, l’esclavagisme était redevenu parfaitement légal depuis Napoléon, au point d’apprendre dans le procès en appel de Furcy que les esclaves n’étaient pour leurs propriétaires ni plus ni moins que des ‘meubles’ ! Petit à petit on découvre que lutter contre cette tradition barbare constituait un véritable parcours du combattant pour les abolitionnistes, alors que les Français esclavagistes se sentaient parfaitement défendus par des articles de loi d’un Code Légal Noir, et n’éprouvaient aucun sentiment de culpabilité puisque les esclaves faisaient pour les mieux traités d’entre eux ‘partie de la famille’… Situation d’autant plus confortable que ces esclaves n’ayant aucun accès à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, comment pouvaient ils se rebeller pour lutter contre l’illégalité et obtenir leur liberté ?

Abd Al Malik parvient adroitement à nous montrer ce monde esclavagiste, alternant adroitement scènes de la vie quotidienne des esclaves sur l’Ile Bourbon et scènes de procès, mais n’hésitant pas à montrer par de courtes scènes marquantes l’horreur des tortures subies par les esclaves dans les champs de canne à sucre à Maurice…En revanche le changement de statut de Furcy au sein des esclaves passant de cueilleur à fabricant de sucreries paraît difficilement crédible !

« Furcy, né libre » s’avère néanmoins un film réussi et convaincant, excellemment interprété, truffé d’informations pointues relatives à cette époque, qui met en lumière la dignité, la résistance et la lutte pour la liberté dont tous ces hommes et femmes ont été spoliés.

Le verdict

16/20

Voir la bande-annonce

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