Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’histoire vraie de Jean et Corinne Luchaire, un père et sa fille pris dans l’engrenage de la collaboration.
23 Fév, 2025
Ernest Cole, photographe (Ernest Cole: lost and found)
Synopsis
Ernest Cole, photographe sud-africain, a été le premier à exposer au monde entier les horreurs de l’apartheid. Son livre House of Bondage, publié en 1967 alors qu’il n’avait que 27 ans, l’a conduit à s’exiler à New York et en Europe pour le reste de sa vie, sans jamais retrouver ses repères. Raoul Peck raconte ses errances, ses tourments d’artiste et sa colère au quotidien, face au silence ou la complicité du monde occidental devant les horreurs du régime de l’Apartheid. Il raconte aussi comment, en 2017, 60 000 négatifs de son travail sont découverts dans le coffre d’une banque suédoise.
Ernest Cole, photographe (Ernest Cole: lost and found)
Informations
Par Raoul Peck
Sortie en 2023
Casting
Documentaire
Mon Commentaire
Si tout le monde a eu connaissance de l’existence de l’Apartheid en Afrique du Sud, pour beaucoup les preuves des pratiques esclavagistes et des violences infligées par les Blancs aux Noirs se sont souvent limitées à quelques rares témoignages, tels ceux dévoilés par Nelson Mandela, prisonnier élu Président du pays à la fin du siècle dernier.
Si comme moi vous ne connaissiez pas le travail du photographe Ernest Cole, ce documentaire est fait pour vous. Raoul Peck, célèbre réalisateur et scénariste d’origine haïtienne, nous propose un film de rétrospective dans lequel il met en scène les photos prises par Ernest Cole, photographe par passion natif d’Afrique du Sud, qui a filmé à hauteur d’homme nombre de scènes témoignant des actes de violence perpétrés par les autorités blanches sur les autochtones noirs. A la fin des années 50 et dans la décennie suivante, les actes ségrégationnistes soutenus par les colons néerlandais et anglais – et la majorité des dirigeants européens- se multiplient, et les clichés pris par Ernest Cole constituent les bases d’un livre scandale publié en 1967, « The house of bondage », publié alors qu’il n’a que 27 ans.
Condamné à l’exil pour cette dénonciation de l’Apartheid, il s’installe à New York, mais bien vite il comprend que l’Eldorado qu’il escomptait trouver n’est pas à la hauteur de ses attentes. D’autant qu’à l’époque outre-Atlantique, le racisme noir est omniprésent, et la condition des Noir-Américains n’est guère plus enviable que celle de leurs alter ego d’Afrique du Sud.
Si ce documentaire est un must du point de vue historique, politique et sociologique, il ne se contente pas d’enchaîner la projection des clichés géniaux du jeune photographe. Le film présenté à la première personne – donc avec en voix off celle qui pourrait être celle de Cole – touche en plein cœur. Par ailleurs, le montage réalisé par Alexandra Strauss associe ces photos avec quelque scènes filmées datant de la même époque, donnant ainsi un côté très vivant à ce documentaire, qui relate aussi la façon dont Ernest Cole exilé à vie perdra pied dans cette société américaine souvent dénuée de nuances dans ses idées et ses actes. On apprend d’ailleurs que Cole mourra d’un cancer dans un oubli total en février 90 à New York…
L’œuvre d’Ernest Cole reviendra étrangement au jour alors que l’un de ses neveux sera convoqué en 2017 par les autorités suédoises, qui l’informent que la SEB, une grande banque suédoise détient des casiers métalliques au sein desquels des centaines de photos et documents divers d’Ernest Cole ont été conservés…Qui est à l’origine de ces envois en Suède et qui a structuré ces travaux dans ces boîtes ? Le mystère reste entier aujourd’hui, malgré les demandes d’informations émises par le neveu de Cole… Une question supplémentaire à propos des conditions d’existence du génial photographe et des travaux qu’il a réalisés durant deux décennies clé.
Le verdict
16/20
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