30 Juil, 2026

Cotton Queen

Synopsis

Dans un village cotonnier du Soudan, l’adolescente Nafisa est élevée au milieu des récits héroïques de la lutte contre les colonisateurs britanniques racontés par sa grand-mère, la matriarche du village, Al-Sit. Mais lorsqu’un jeune homme d’affaires arrive de l’étranger avec un nouveau plan de développement et du coton génétiquement modifié, Nafisa se retrouve au centre d’un jeu de pouvoir qui déterminera l’avenir du village. Prenant conscience de sa propre force, Nafisa se lance dans une quête pour sauver les champs de coton – et elle-même. Ni elle ni sa communauté ne seront plus jamais les mêmes.

Cotton Queen

Informations

Par Suzannah Mirghani

Sortie en 2025

Casting

  • Mihad Murtada
  • Rabha Mohamed Mahmoud
  • Talaat Farid
  • Arham Bascher
  • Mohamed Musa
  • Hassan Kassala
  • Fatma Farid
  • Aya Yassin Altageel

Mon Commentaire

Sortie le 5 août

Les films soudanais sont suffisamment rares pour qu’on s’y intéresse de près, même si la guerre civile commencée il y a plus de trois ans perdure encore. Mais la libération du joug militaire qui a muselé le Soudan pendant plusieurs décennies a permis à ce pays voisin de l’Égypte d’entrevoir les avancées sociales, technologiques mais aussi économiques du XXIème siècle. Le film « Cotton Queen » raconte l’histoire de Nafisa (Mihad Murtada), une adolescente presque adulte qui travaille dans les champs de coton avec des filles de son âge et va devoir prendre son destin en main. Elle vit au sein d’une famille essentiellement dirigée par des femmes, dont sa grand-mère Al-Sit (Rabha Mohamed Mahmoud), véritable matriarche du village.

Ce premier film de la réalisatrice soudanaise Suzannah Mirghani évoque en parallèle les traditions ancestrales et tout ce que l’époque coloniale britannique a laissé derrière elle, bref ce qui constitue l’héritage des populations du village. Bien que protégée par cette encombrante grand-mère, Nafisa pense à son avenir de femme et a bien envie de vivre sa vie sans se heurter aux lourdes traditions imposées par la famille. Mais l’arrivée dans la région de Nadir (Hassan Kassala), un planteur ayant mis au point une génération de plants de coton génétiquement modifiés destinés à alimenter les entreprises occidentales dont la culture serait plus rentable va contrarier ses projets et la propulser au cœur d’un dilemme impliquant aussi l’avenir du village…

Même si « Cotton Queen » souffre d’une mise en scène ultra-classique, le film a pour atout de nous présenter de très belles scènes traditionnelles soudanaises ainsi que des images superbes de cueillette au milieu des champs de coton. En effet, la palette soigneusement élaborée d’ocres, de blancs et de bleus cristallins correspondant à la terre, aux rangées de coton au premier plan et au ciel au-dessus séduisent particulièrement. Et bien sûr ces scènes tranchent avec la logique agro-industrielle de rentabilité proposée par l’arrivant Nadir, qui constitue une menace pour l’autonomie pour laquelle la grand-mère Al-Sit s’est toujours battue. Mais la réalisatrice évoque aussi dans son film – même si de façon un peu maladroite – le drame de l’excision pourtant interdite légalement, ainsi que plus largement la possibilité pour les femmes de poursuivre des études, à l’instar de Nafisa qui s’essaie à la poésie, s’opposant de fait à sa mère qui voudrait la voir rentrer par intérêt au plus vite dans le rang matrimonial traditionnellement réservé aux femmes soudanaises.

Un film dépaysant qui vaut donc pour la rareté des informations concernant la vie au Soudan, servi de plus par un casting très convaincant bien que non professionnel.

Le verdict

15/20

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