
Avec Robert Duvall, décédé cette semaine à l’âge de 95 ans, c’est presque une génération d’acteurs hollywoodiens qui va disparaître totalement …De cette génération, il ne reste plus guère de la même époque que Dick Van Dyke(100 printemps) , et Clint Eastwood (95 ans )bien sûr, dont le prochain long métrage ne saurait tarder à sortir sur les écrans.
Robert Duvall est un acteur immense qui a joué dans pas moins d’une centaine de films, dont bien sûr « Apocalypse now » de Francis Ford Coppola dans le rôle – d’ une vingtaine de minutes seulement – du lieutenant-colonel Kilgore, halluciné du Vietnam ( et sa célèbre réplique choc sur son goût pour l’odeur du napalm), qui constituera en fait le rôle de sa vie et fera de lui une légende vivante du cinéma américain. Certes, on l’avait découvert auparavant dans le rôle du personnage de Tom Hagen dans la trilogie du « Parrain » et son visage si particulier n’était pas passé inaperçu.

Pendant plus de six décennies, l’acteur aura imposé un art de la retenue et de la densité morale, traversant les chefs-d’œuvre du Nouvel Hollywood comme les fresques intimistes, comme dans « Tendre bonheur » où il incarne un chanteur brisé en quête de rédemption, rôle qui lui vaudra un Oscar en 1983. Auparavant, sa carrière a été marquée essentiellement par des seconds rôles, à l’instar de celui qu’il incarne dans le film de Coppola. Il apparaît entre autres dans « Bullitt » (1968) aux côtés de Steve McQueen, « Cent dollars pour un shérif « (1969) aux côtés de John Wayne, dans « MASH »(1970) de Robert Altman, ou encore dans « THX 1138 » (1971) de George Lucas.
Pour la télévision, son rôle préféré était celui du Texas Ranger devenu cow-boy Augustus McCrae dans la mini-série télévisée « Lonesome Dove »(1989). « C’est mon Hamlet« , disait-il au New York Times en 2014. Ce rôle à la télévision lui a valu en 1990 le Golden Globes du Meilleur acteur dans une mini-série ou un téléfilm.


Duvall laisse derrière lui une galerie d’hommes fissurés qui racontent, à leur manière, l’histoire intérieure de l’Amérique.
Mais cette semaine a également vu la disparition de Franck Wiseman, à 96 ans, un très célèbre documentariste américain qui prenait plaisir à regarder les gens, avec pour thématique aussi bien une foison de repas, des rencontres sportives, des conversations ou encore des services religieux. Il nous a montré des conversations chuchotées au chevet des malades dans les hôpitaux, des vendeurs servant avec une infinie patience des clients indécis, des médecins lançant des blagues macabres, des artistes répétant leurs spectacles ».

Le « New York Times » rappelle qu’il excellait à observer la vie et le labeur des gens ordinaires pour composer des fresques sociales d’une intense subtilité. Il laisse derrière lui 44 documentaires qui sont autant de bijoux.
Et pour finir, rappelons que le 31 janvier dernier disparaissait à l’âge de 71 ans l’actrice américaine Catherine O’Hara , la célèbre mère de Kevin, alias Macaulay Culkin, dans le célèbre film culte « Maman, j’ai raté l’avion »(Home alone) . Mais elle avait aussi joué dans « Beetlejuice » et plus récemment dans « The Last of Us ».

