15 Oct, 2026

Minotaure (Minautor)

Synopsis

Russie, 2022. Gleb, chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina et leur fils dans une ville de province. Il se retrouve confronté à des problèmes professionnels croissants, dans un monde de plus en plus instable. L’effondrement d’une vie soigneusement construite bascule rapidement dans la violence.

Minotaure (Minautor)

Informations

Par Andrei Zviaguinstev

Sortie en 2026

Casting

  • Dmitri Mazourov
  • Iris Lebedeva
  • Boris Koudrine
  • Youriy Zavalnyouk
  • Varvara Schmykova
  • Elena Bogdanovitch-Goloubeva
  • Mikhaïl Samodakhov
  • Vladimir Friedman

Mon Commentaire

Grand Prix du Festival de Cannes 2026

À mesure que l’automne arrive, sur les écrans de cinéma sortent les films qui ont été récompensés lors du dernier festival de Cannes. « Minotaure » est un film produit par des Français – il représentera la France aux Oscars 2027- , qui émane d’un grand metteur en scène russe, Andrei Zviaguinstev, dont le talent a été déjà unanimement reconnu auparavant (« Elena » 2011, « Leviathan »2014…). Avec « Minotaure », il choisit de réadapter le drame de Claude Chabrol « la femme infidèle »(1969) en le transposant en 2022, en Russie, au moment où l’armée russe déborde du territoire pour s’engager dans le conflit ukrainien.

C’est cet aspect historique qui contraste complètement avec le film français, qui se situait en France dans des circonstances assez banales, dans le cadre d’une étude de la bourgeoisie française traditionnelle.  Ici, la famille, composée de Gleb (Dmitri Mazourov), de Galina (Iris Lebedeva), son épouse et de leur fils Serioja (Boris Koudrine) appartient à une bourgeoisie provinciale aux revenus aisés. Gleb est chef d’entreprise, mais est confronté à des pressions professionnelles croissantes alors que la nation russe est appelée à s’unir et à se battre contre l’ennemi ukrainien…De son côté, Galina s’ennuie ferme et entame une liaison avec un amant, Anton Tergeniev (Youriy Zavalnyouk), un jeune et séduisant photographe. Gleb, mal à l’aise au bureau compte tenu d’une situation économique et politique de plus en plus tendue tout comme chez lui, -où sa femme semble lui échapper, engage un détective pour la suivre…

Si « Minotaure » est un film magnifiquement filmé, avec presque un effet esthétique de papier glacé, il faut bien reconnaître que la mise en situation de l’histoire est extrêmement longue, au point de trouver la première demi-heure du film parfois soporifique. Heureusement la suite du film est plus animée, même s’il est clair que « Minotaure » n’appartient pas à la catégorie film d’action. Il s’agit davantage un film d’atmosphère, qui s’avère extrêmement pesant tant du côté de la vie privée du couple, que de la vie professionnelle de Gleb, qui constate la dégradation progressive de l’économie russe.

Ce qui séduit donc dans ce film,  c’est indéniablement le talent de metteur en scène d’Andrei Zviaguinstev, qui par ailleurs, nous livre comme Chabrol en son temps, une analyse psychologique et comportementale au vitriol de la bourgeoisie et de l’administration locale russe. Pour nous ‘embarquer’ dans ce drame, il y a évidemment l’interprétation en tout point exemplaire de l’acteur Dmitri Mazourovqui joue Gleb, et d’ Iris Lebedeva superbe et séduisante comédienne qui incarne son épouse. Mais en dehors de ces points, le film apporte néanmoins pour la première fois un témoignage du ressenti et du comportement de la société russe par rapport à l’opération militaire spéciale lancée par Poutine à l’encontre de l’Ukraine : il est clair que les autorités – ici, locales – sont prêtes à tout pour envoyer des hommes au combat en guise de chair à canon…au nom de la préservation de la patrie !

Toutefois, de là à encenser aveuglément « Minotaure », on trouve certaines critiques un peu trop flatteuses, du fait de la longueur inutile de certains passages et d’autre part du côté, un peu trop convenu d’une situation d’adultère, qu’on a vue d’ores et déjà à de multiples reprises. Au total, un film certes esthétiquement intéressant mais qui m’a laissé un peu sur ma faim.

 

Le verdict

15/20

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