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Disparition d’Eva Marie Saint, la plus âgée des actrices oscarisées

 

On a appris le 6 octobre la disparition, à 102 ans, de la comédienne américaine Eva Marie Saint, la plus âgée des actrices oscarisées. Revenons sur cette carrière extrêmement riche en ne citant que cinq des films qui ont marqué son destin d’actrice :

C’est sous le prénom d’Eva qu’elle incarne l’héroïne séductrice qui entraîne Cary Grant dans les délices du péché, dans l’inoubliable film d’Alfred Hitchcock, « La mort aux trousses » en 1959. Mais elle avait commencé sa carrière quelques années plus tôt, en 1954, avec le film d’Elia Kazan « Sur les quais », qui lui vaut, à 29 ans , son premier Oscar dans un second rôle féminin, alors qu’elle a déjà entamé une carrière au théâtre et à la télévision. Cinq grands films retracent une partie de sa carrière de star

« Sur les quais » sera pour elle l’occasion de contrer le talent de Marlon Brando, avec des scènes d’amour qui resteront parmi les plus belles jamais tournées, justement parce qu’elles montrent la rencontre de deux âmes tourmentées en quête de rédemption.

Elle enchaînera quelques années plus tard – en 1957- avec un autre magnifique film « l’arbre de vie », signé d’Edward Dmytryk, un superbe mélo aux décors somptueux dans lequel elle porte des robes spectaculaires. Il s’agit un peu comme d’une réponse tardive à « Autant en emporte le vent (1939) de Victor Fleming, qui vante l’histoire d’un héros abolitionniste incarné par Montgomery Clift en pleine guerre de Sécession.

De la « Mort aux trousses » (1959) elle déclarait encore en 2014 à une télévision américaine que le maestro s’intéressait finalement peu à la psychologie du personnage qu’elle incarnait. Tout était davantage centré sur l’apparence, qu’il s’agisse de la coiffure, du maquillage ou des tenues vestimentaires. Il est vrai que dans son rôle d’Eve, elle devait incarner la tentation, alliant pour l’occasion élégance naturelle, distinction et sensualité, trois traits qui la rapprochent de l’idéal hitchcockien personnifié par Grace Kelly, tout en ayant l’intensité dramatique d’une Ingrid Bergman.

Puis, en 1960, elle partagera la tête d’affiche avec Paul Newman pour « Exodus », Le film à succès signé Otto Preminger tiré du livre de Leon Uris. Le film, dont l’idée de fond est de parler du rapprochement entre les États Unis et Israël a une incroyable résonance, notamment grâce à son glamour hollywoodien – car il est vrai, à l’époque, pouvait-on rêver de couple plus séduisant que celui que forment Paul Newman et Eva Marie Saint ?

Pour ce cinquième film marquant, bien qu’un peu oublié désormais, on passe directement à l’année 1964, pour « 36 Heures avant le Débarquement », de George Seaton.

Il s’agit de l’adaptation d’une nouvelle de Roald Dahl, dans laquelle un major de l’armée américaine (James Garner) est kidnappé par les nazis, qui veulent lui soutirer des informations sur le Débarquement…En se réveillant en 1950, il est amnésique et se retrouve face Anna (Eva Marie Saint), qu’il croit être une infirmière allemande mais qui en fait cache un passé douloureux. Sur un fond de tension palpable qui revient sur le cauchemar de la seconde guerre mondiale, Eva Marie Saint déploie une intensité dramatique et se montre crédible d’un bout à l’autre de cet excellent suspense qui recèle bien des surprises.

Eva Marie Saint continuera de jouer des rôles plus ou moins secondaires jusque dans les années 2010, dans des films inégaux ou des séries.