11 Juil, 2026
Condat, le géant de papier
Résumé
Les papeteries de Condat, installées le long des rives de la Vézère au Lardin-Saint-Lazare, à un jet de silex des grottes de Lascaux, ont longtemps été le plus gros pourvoyeur d’emplois privés en Dordogne. Entrer à Condat, c’était intégrer une certaine aristocratie ouvrière : de l’usine sortait le papier fabriqué pour imprimer les prix Goncourt et des magazines de prestige. Les grandes cheminées crachaient en permanence de la fumée tandis qu’une odeur de chou inondait tout le village ; c’était l’odeur de la prospérité.Retracer cette odyssée du papier, esquisser ce portrait collectif, c’est rappeler que l’histoire de Condat ne s’arrête pas aux frontières du département mais que cette usine est bien le symbole d’un savoir-faire, d’une histoire et des ravages de la mondialisation. Clément Bouynet propose ici de raconter l’aventure d’un fleuron industriel en pleine ruralité à travers ses multiples facettes, qu’elles soient historiques, sociales, économiques ou politiques ; les textes de l’historien Olivier Deloignon et de l’économiste Jean De Beir viennent compléter ce tour d’horizon avec un autre regard.
Informations
Condat, le géant de papier
Par Clément Bouynet
Année de sortie : 2026
Mon Commentaire
Second livre de Clément Bouynet, natif du Périgord et par ailleurs journaliste à Sud-Ouest, « Condat, le géant de papier » est un véritable hommage rendu à une activité industrielle de la Vézère désormais disparue, celle de la pâte à papier. Clément revient sur la richesse industrielle de cette région située à quelques encablures des célèbres grottes de Lascaux, avec ces usines qui trônaient sur le bord de la rivière depuis plusieurs décennies, qui constituaient un immense bassin d’emplois privés et disposaient d’une sorte d’aura au sein de la population, dès lors que l’on savait que la qualité du papier fabriqué était reconnue un peu partout. Les lecteurs de Goncourt – entre autres – ont probablement remarqué la particularité du papier sur lequel étaient imprimés ces célèbres Prix, reconnaissable à son toucher légèrement rugueux et à son odeur.
« Condat, le géant de papier » a donc fermé ses portes au début de l’année 2026. L’auteur revient en détail sur l’histoire du site, ainsi que sur la manière dont les usines se sont modernisées et équipées avec des machines d’une très grande qualité (dont les dernières installées fonctionnaient encore à la fermeture du site). Mais il souligne aussi combien la mondialisation a produit de véritables ravages au niveau de cette activité demeurée une activité phare de la région durant des décennies.
En nous plongeant au cœur de cette histoire industrielle, Clément Bouynet une nouvelle fois partage avec le lecteur sa passion et son amour pour cette magnifique région du Périgord. Mais cette fois, en oubliant les vestiges traditionnels souvent évoqués – grottes préhistoriques, troglodytes ou non , châteaux et bastides…- pour nous rappeler combien l’activité économique, industrielle et commerciale ont compté aussi dans la région. Pour ma part, j’ai été un peu perdu par le détail des techniques aboutissant à la fameuse pâte à papier, ainsi que dans le détail des opérations appliquées à celle-ci pour obtenir les différentes qualités de papier. J’ai en revanche trouvé intéressant le fait d’avoir glissé dans chacun des ouvrages de « Condat, le géant de papier »un petit échantillon des différents types de papiers obtenus, qui sont forcément plus parlants pour les non-spécialistes.
Une chose est certaine, à mesure que Clément rédige de nouveaux livres, on est sûr qu’il parviendra à nous faire partager un peu plus encore son amour pour cette région riche d’histoire, de traditions et de vestiges de toutes sortes. C’est déjà énorme.





