24 Avr, 2026

Yellow letters (Sari Zarflar)

Synopsis

Professeur à la faculté d’Ankara, Aziz reçoit la « lettre jaune » qui lui signifie arbitrairement sa révocation. Quand sa femme Derya, célèbre comédienne au théâtre national, la reçoit à son tour, c’est le coup de grâce pour le couple. L’un et l’autre, condamnés pour leurs idées, sont obligés de se réfugier à Istanbul chez la mère d’Aziz. Le compromis entre cette précarité nouvelle et leur engagement politique va mettre leur mariage à l’épreuve.

Yellow letters (Sari Zarflar)

Informations

Par Ilker Çatak

Sortie en 2025

Casting

  • Özgü Namal
  • Tansu Biçer
  • Leyla Smyrna Cabas
  • Ipek Bilgin
  • Aydin Isik
  • Siir Eloglü
  • Yusuf Akgün
  • Aziz Çapkurt

Mon Commentaire

Le réalisateur allemand d’origine turque Ilker Çatak a été révélé au public européen en 2023 avec la sortie de son excellent film « la salle des profs ». Il revient sur les écrans cette année avec ces banales « yellow letters »(lettres jaunes en français), reçues par le courrier postal habituel d’abord par Aziz (Tansu Biçer), professeur à la faculté d’Ankara, puis peu après par sa femme Derya (Özgü Namal), une célèbre comédienne du théâtre national . Leur signification : leur révocation par l’état, qui les condamne tous les deux pour leurs idées qui ne reflètent évidemment pas la ligne du pouvoir en place. Avec des moyens financiers rapidement en berne, ils sont contraints avec leur fille ado Ezgi (Leyla Smyrna Cabas) de se replier à Istanbul chez la mère de Aziz qui peut les accueillir…Mais pour tous trois commence une vie nouvelle faite de précarité et de compromis incontournables qui plombent l’atmosphère…

L’intérêt de ce nouveau film est de rappeler combien la Turquie, pourtant appelée récemment à jouer les intermédiaires entre belligérants dans les conflits mondiaux actuels est toujours loin de jouer dans la cour des grandes démocraties. D’ailleurs, ainsi qu’il nous l’est indiqué au début de « Yellow letters », le réalisateur n’a pas eu le droit d’y tourner son film puisqu’ici, c’est Berlin qui joue le rôle de capitale turque Ankara, et Hambourg, celui d’Istanbul… Ceci dit, les scènes tournées en extérieur étant très rares et l’essentiel de l’intrigue se déroulant souvent en huis-clos sans aucun contact avec la population allemande, le sentiment de dépaysement est total.

Dans « Yellow letters », Ilker Çatak nous raconte une histoire qui montre combien il peut être difficile de délimiter ce qui relève du compromis de la compromission, car bien sûr, tout semble extrêmement compliqué pour les personnalités telles que Aziz et Derya de pouvoir rebondir alors qu’ils ont été blacklistés. Le seul lieu où subsiste une idée de cocon familial est l’appartement de la mère d’Aziz, alors que partout la censure règne en maître, et qu’il est bien difficile de savoir qui parmi les proches ou les personnalités rencontrées sont hostiles au pouvoir…Par ailleurs, alors que Derya sur scène à Ankara était toujours prête à affirmer physiquement ses idées, Aziz agissait beaucoup plus en retrait. Pourtant aujourd’hui, leurs rapports maritaux ont tendance à s’effriter autant que leur soutien mutuel face à tous ces obstacles…

Il est clair que « Yellow letters » est un film très intimiste – mais en aucun cas un thriller – ce qui peut être en déroutera certains tant c’est la pression interne familiale qui est dépeinte. Néanmoins, on ne peut que saluer une mise en scène particulièrement soignée et le jeu des acteurs principaux, deux éléments qui ont dû contribuer à cet ‘Ours d’O’r que le dernier festival de Berlin lui a décerné.

Le verdict

15/20

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