
Mais avant toute chose et de vous dérouler celui-ci, je suis bien persuadé qu’au Festival de Cannes, la maîtresse de cérémonie ce cette édition Eye Haïdara n’oubliera pas de rendre un vibrant hommage à deux grandes actrices disparues tout récemment :

D’abord, ce samedi 18 avril, à Nathalie Baye, décédée à l’âge de 77 ans. Véritable icône du cinéma français, elle est aussi connue pour avoir partagé la vie de Johnny Hallyday, Philippe Léotard ou encore Jean-Louis Borloo.
Elle avait tourné avec Truffaut, Godard, Chabrol, Dolan, Spielberg… On la savait malade depuis plusieurs mois, Nathalie Baye s’est éteinte chez elle à 77 ans, a annoncé ce samedi sa famille. Et loin des paillettes souvent débordantes dans cet univers, elle incarnait une beauté simple et accessible, proche des gens qui l’admiraient, bien indépendamment de son union avec Johnny Hallyday et de la naissance de Laura Smet, devenue à son tour une très bonne actrice.


VENUS BEAUTE (INSTITUT) (VENUS BEAUTE, INSTITUT) de Tonie Marshall 1999 FRA
avec Nathalie Baye, Audrey Tautou et Mathilde Seigner

Ainsi que le rappelle Télérama dans son hommage, elle est « née en 1948, fille d’un couple d’artistes peintres fauchés à Menton. Mais diagnostiquée dyslexique dès son plus jeune âge, Nathalie Baye quitte tôt la scolarité classique pour une école de danse professionnelle à Monaco. Ses parents la laissent ensuite partir, avant ses 18 ans, aux États-Unis : « J’avais une telle liberté que j’ai fait très peu de conneries. Des copines de mon âge enfermées à triple tour en ont fait dix fois plus que moi… », confiait-elle à Télérama en 2015. Revenue en France et inscrite au cours Simon, elle est reçue au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, dont elle sort diplômée en 1972.
François Truffaut est le premier réalisateur de renom à lui confier un personnage saillant, la scripte de « La Nuit américaine » (1973) : « Pour une jeune actrice qui sortait du Conservatoire, un film qui raconte un tournage avait quelque chose de symbolique et de merveilleux. ». Le cinéaste l’affuble, pour cet emploi, de grosses lunettes qui la font d’abord se sentir laide, avant qu’elle finisse, avec beaucoup de recul, par se trouver vraie.

Avec la tristesse de la perdre, vient, aussitôt, le souvenir de son dernier triomphe à la cérémonie des César. C’était en 2006. Sacrée meilleure actrice pour la seconde fois de sa carrière (dans « Le petit lieutenant », de Xavier Beauvois), Nathalie Baye subjuguait tout le monde par un discours inhabituel, piquant, et une émotion maîtrisée. « Il paraît que les actrices n’aiment pas beaucoup parler de dates. C’est un peu vrai. Mais je veux quand même vous dire que, la dernière fois que j’ai reçu un César, c’était il y a 23 ans… », commençait-elle. Puis elle s’adressait à toutes ses consœurs, en particulier aux plus sous-employées, découragées et malheureuses. « Le plus difficile dans ce métier, c’est quand on n’a pas de travail. Alors être un bon dans un film, c’est la moindre des choses », concluait-elle »

Et puis, le même jour, la disparition accidentelle de Nadia Farès , à 57 ans. Le décès est survenu à La Pitié Salpêtrière, où elle était hospitalisée, après avoir été remontée à la surface, inconsciente, d’une piscine d’un club privé de la rue Blanche, dans le IXe arrondissement de la capitale. Elle a fait un malaise en raison d’un « incident cardiaque », ont précisé ses filles.
Nadia de son côté a plutôt incarné de beaux rôles dans des téléfilms ou séries, même si Claude Lelouch lui en a confié par deux fois (un troisième était prévu dans son prochain long métrage) dans ses créations. Il nous confie :
« Nous allions souvent dîner dans Montmartre pour refaire le monde. Après l’Amérique (Nadia a rompu avec son mari américain Steven Chasman en 2022 producteur rencontré chez Luc Besson lorsqu’il produit ‘ le transporteur’ ), Nadia avait choisi de venir vivre près de chez nous à Paris. Elle était la joie, elle était la générosité.


La dernière fois que je l’ai vue, elle était au summum du bonheur.
Parfois, le scénario de la vie est incompréhensible.
Elle a tourné dans deux de mes films parce qu’on ne pouvait pas faire plus photogénique, spontanée et lumineuse que Nadia. Elle avait un très beau rôle dans mon prochain film.
Je pense très fort à ses deux merveilleuses filles, Shana et Cylia.
Bon voyage ma Nadia chérie.
RIP , chères Nathalie et Nadia, vous nous manquez déjà …
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Retour sur le FESTIVAL DE CANNES qui se déroulera du 12 au 23 mai prochain inclus :
un point s’impose sur les informations transmises par sa Présidente Iris Knobloch, et son Délégué général, Thierry Frémaux.
Président du Jury : PARK CHAN WOOK, le réalisateur coréen de « Old Boy », « Mademoiselle » ou plus récemment « Aucun autre choix » , mais les membres de celui-ci ne sont pas encore dévoilés.
Les Palmes d’Honneur : elles distingueront cette année le réalisateur néozélandais PETER JACKSON et l’actrice, réalisatrice et chanteuse américaine BARBRA STREISAND.
Le rôle de maîtresse des cérémonies d’ouverture et de clôture du Festival sera tenu par l’actrice française EYE HAÏDARA (vue dans « Le Sens de la fête » notamment).
Le nouveau film de Pierre Salvadori « La Vénus électrique » avec Anaïs Demoustier et Pio Marmaï fera l’ouverture hors compétition.
Les films en compétition seront donc :
• Minotaure, d’Andrey Zvyagintsev (Russie)
• El ser querido, de Rodrigo Sorogoyen (Espagne)
• The Man I love, d’Ira Sachs (États-Unis)
• Paper tiger, de James Gray (États-Unis)
• Fatherland, de Pawel Pawlikowski (Pologne)
• Moulin, de László Nemes (Hongrie)
• Histoires de la nuit, de Léa Mysius (France)
• Fjord, de Cristian Mungiu (Roumanie)
• Notre salut, d’Emmanuel Marre (France)
• Gentle Monster, de Marie Kreutzer (Allemagne)
• Quelques jours à Nagi, de Kōji Fukada (Japon)
• Hope, de Na Hong-jin (Corée)
• Sheep in the Box, de Hirokazu Kore-eda (Japon)
• Garance, de Jeanne Herry (France)
• L’Inconnue, d’Arthur Harari (France)
• All of a Sudden, de Ryusuke Hamaguchi (Japon)
• L’Aventure rêvée, de Valeska Grisebach (Allemagne)
• Cowards, de Lukas Dhont (Belgique)
• La Bola negra, de Javier Calvo et Javier Ambrossi, alias « Los Javis » (Espagne)
• La Vie d’une femme, de Charline Bourgeois-Taquet (France)
• Histoires parallèles, d’Asghar Farhadi (Iran)
• Autofiction, de Pedro Almodóvar (Espagne)
Il faut noter la faible participation des Américains dans cette édition : aucun film de studio (comme Mission : Impossible l’année dernière) n’a pu être sélectionné et, hormis l’indépendant Ira Sachs en compétition avec The Man I Love, et « Paper Tiger » de James Gray , rajouté in extremis à la sélection en compétition, le contingent américain se limite pour l’essentiel à deux documentaires en séance spéciale, celui de Steven Soderbergh consacrée à John Lennon et celui de Ron Howard sur le photographe Richard Avedon.
Les films, très attendus, de Terrence Malick, Alejandro Gonzalez Iñarritu (avec Tom Cruise) et de Christopher Nolan ne sont malheureusement pas encore montrables
En revanche, il faut noter que, outre l’Espagne bien représentée dans cette sélection, le cinéma d’un autre pays sera également très présent : le Japon, avec trois cinéastes en compétition : Kōji Fukada, Hirokazu Kore-eda etRyûsuke Hamaguchi… Est-ce nénamoins une indication suffisante de l’orientation possible du choix du jury présidé par PARK CHAN WOOK ?
Rendez vous le 23 mai !

