3 Avr, 2026

Cœur d’amande

Résumé

J’ai souvent touché le fond, sauf qu’à chaque tasse bue, je remonte plus vite qu’une torpille. Renié par ma mère pour anormalité physique, je me réinvente au gré de mes joies. J’aime rire, déconner, me faire mousser et rêver de sacres improbables. J’ai appris une chose dans la vie – pour se dépasser, il faut savoir prendre son pied là où l’on traîne l’autre. Même avec des béquilles ou avec des prothèses, je continuerai de marcher dans les pas du temps en randonneur subjugué. Je ne lâche rien. »

Informations

Cœur d’amande

Par Yasmina Khadra

Année de sortie : 2024

Mon Commentaire

De l’écrivain algérien Yasmina Khadra, on a tous en tête le souvenir de romans magnifiques, passionnants quoiqu’effrayants des « Hirondelles de Kaboul », des « Sirènes de Bagdad » de « L’attentat », ou encore de « Ce que le jour doit à la nuit », romans tous parus au début des années 2000.

Avec « Cœur d’amande », paru récemment, il est clair qu’il change totalement de registre, en nous proposant une plongée dans…Paris, au sein du XVIIIème arrondissement, du côté des quartiers de Barbès et de la Goutte d’Or, avec ses habitants aux origines bigarrées et ses règles propres…Et là, on fait la rencontre de Nestor, personnage atypique handicapé par le nanisme, à la gentillesse légendaire et aux multiples talents insoupçonnés, qui vit auprès d’une grand-mère aimante très âgée, retraitée de l’éducation nationale, dans un cocon familial somme toute confortable…Jusqu’à ce que ce bel équilibre bascule dès lors qu’atteinte de perte de mémoire, la grand-mère doive être placée par le juge des tutelles dans une résidence pour personnes âgées dépendantes, impliquant son expulsion et celle de Nestor de son logement, alors que celui-ci vient également de perdre son emploi de vendeur dans un magasin de chaussures…

Dès lors, il ne pourra compter que sur la solidarité de ses voisins et l’amitié indéfectible de certaines personnes de son entourage pour rebondir et se sortir de ce – très ! – mauvais pas.

Le titre « Cœur d’amande » s’inspire en fait d’une pâtisserie algérienne, « qaleb ellouz » ( en français donc ‘cœur’) très consommée pendant les soirées du Ramadan et évocatrice de douceur dans une période harassante…Oubliée donc la violence des précédents romans de Yasmina Khadra qui nous propose donc ici une jolie histoire pleine de douceur comme une pâtisserie orientale dont l’action se déroule dans un Montmartre populaire aux allures d’oasis d’amitié et de solidarité.

Comme toujours, l’écriture est fluide et agréable à lire, donc ce nouveau roman se dévore rapidement, mais force est de constater que Yasmina Khadra en voulant évoquer un grand nombre de sujets – peut-être liés à des sentiments autobiographiques – ne fait parfois qu’en effleurer la substantifique moëlle . On y parle d’éducation, de sphère familiale, d’amour et d’amitié, de vieillesse, de justice, de handicap, de solidarité, sans doute un peu trop de sujets qui auraient mérité d’être approfondis. Résultat : il y a bien de l’émotion qui ressort mais pas au point de d’attacher réellement aux personnages, comme si Yasmina Khadra n’était pas allé jusqu’au fond de ses pensées. Somme toute, un roman ‘feelgood’ pas totalement convaincant à mon sens.

Le verdict

14/20

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