29 Avr, 2025

Dimanches (Yakshanba)

Synopsis

Un couple de paysans âgés vit paisiblement dans un petit village de la campagne ouzbek où il travaille la laine. Peu à peu, son existence se voit bouleversée par les sollicitations de ses deux fils, qui insistent pour faire pénétrer la technologie chez eux malgré leurs réticences – et avec une idée derrière la tête : démolir la vieille maison qu’ils habitent pour en construire une nouvelle, afin que le plus jeune fils, ayant réussi à l’étranger, puisse en faire sa résidence secondaire…

Dimanches (Yakshanba)

Informations

Par Shokir Kholikov

Sortie en 2023

Casting

  • Abdurakhmon Yusufaliyev
  • Roza Piyazova
  • Rano Sharipova
  • Nasrullo Nurov

Mon Commentaire

Envie de découvrir une histoire hors du temps qui pourtant se déroule au XXIème siècle ? « Dimanches », ce premier film de ce réalisateur trentenaire ouzbèke Shokir Kholikov est fait pour vous, puisqu’il nous raconte l’histoire d’un vieux couple d’éleveurs de moutons qui vit paisiblement dans un village, où leurs seules activités tournent autour de leur troupeau, de la récolte de la laine et de sa transformation jusqu’à l’obtention de fils qui seront à la base de la confection de tapis, confectionnés à la main. Ce vieux couple est accoutumé à vivre chichement mais de façon traditionnelle dans une maison au confort très primaire, mais leur paisibilité est mise à mal par l’intrusion insistante et simultanée de leurs deux grands fils tous deux citadins, qui insistent pour leur fournir des produits technologiques hyper modernes en remplacement de leurs vieux appareils existants. Par bonté d’âme ? Pas vraiment, l’idée sous-jacente étant de s’emparer de la maison vétuste des parents, et de la reconstruire afin d’en faire une confortable résidence secondaire pour l’un d’entre eux.

A partir d’un dimanche banal d’été, on suit au rythme des semaines d’abord le lundi d’après, puis le mardi suivant et ainsi de suite jusqu’au dimanche du début de l’hiver comment le quotidien de ces personnes âgées a évolué, sachant que la vieille épouse (Roza Piyazova), pourtant habituée à la toute puissante patriarcale de son inflexible mari (Abdurakhmon Yusufaliyev), est souvent mise en porte à faux vis-à-vis de celui-ci, puisqu’elle n’ose pas non plus refuser quo que ce soit à ses fils…

Le film a le mérite d’ouvrir une porte sur cette région d’Asie centrale si rarement visitée par le cinéma, même s’il s’agit d’une chronique racontant le crépuscule d’un couple – et d’un monde – face à l’arrivée de la technologie. Shokir Kholikov, à la fois metteur en scène, scénariste et monteur, use conjointement d’humour et de dérision pour raconter l’histoire de couple particulièrement attachant et souvent touchant  Avec ce film, on pense bien sûr au cinéma d’Ozu ou à celui de réalisateurs iraniens qui auraient  pu traiter de façon similaire un tel sujet, mais le réalisateur semble disposer d’un don particulier pour nous proposer des images simples mais magnifiques, notamment toutes celles concernant les scènes de nuit. Ce premier film n’est peut-être pas qualifiable de chef d’œuvre, mais il vaut le détour par son originalité, et rassurez-vous, les dialogues ne sont pas trop pesants !

Le verdict

15/20

Voir la bande-annonce

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