Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’histoire vraie de Jean et Corinne Luchaire, un père et sa fille pris dans l’engrenage de la collaboration.
20 Jan, 2025
Je suis toujours là (Ainda Estou Aqui)
Synopsis
Rio, 1971, sous la dictature militaire. La grande maison des Paiva, près de la plage, est un havre de vie, de paroles partagées, de jeux, de rencontres. Jusqu’au jour où des hommes du régime viennent arrêter Rubens, le père de famille, qui disparait sans laisser de traces. Sa femme Eunice et ses cinq enfants mèneront alors un combat acharné pour la recherche de la vérité
Je suis toujours là (Ainda Estou Aqui)
Informations
Par Walter Salles (2024)
Sortie en 2024
Casting
- Fernanda Torres
- Fernanda Montenegro
- Selton Mello
- Valentina Herszage
- Maria Manoella
- Luiza Kozovski
- Marjorie Estiano
- Bárbara Luz
Mon Commentaire
Si de nombreux films ont été réalisés à propos des régimes de dictatures dans les années 1960-80 au Chili ou en Argentine, il n’en existait jusqu’à présent guère concernant la période de la dictature militaire établie au Brésil à cette période. Le célèbre réalisateur Walter Salles comble cette lacune en nous proposant ce film « Je suis toujours là », basé des évènements qui se sont réellement déroulés en 1971, la disparition inexpliquée de Rubens Paiva (Selton Mello), un ancien député redevenu architecte, purement et simplement arrêté chez lui par des hommes du régime, sous les yeux de sa femme Eunice (Fernanda Torres) et de ses cinq enfants. On apprend d’ailleurs que le réalisateur a côtoyé lui-même la famille Paiva, ce qui tend à crédibiliser les scènes filmées…
Pourtant, Rubens et sa nombreuse famille semblent vivre une existence bourgeoise et sans souci dans leur jolie maison qui donne directement sur une des plages de Rio de Janeiro, à quelques encablures du Corcovado. Les jours se suivent et le bonheur semble immuable, bien qu’au-dessus de la côte rôdent de plus en plus d’hélicoptères militaires et circulent sur le front de mer des véhicules de la police qui procèdent à des contrôles d’identité de plus en plus fréquents des automobilistes. Les habitants comprennent vite que la tension policière monte à mesure que des diplomates brésiliens représentants du pouvoir en place se font kidnapper à l’étranger…Toute cette période de quasi insouciance de la famille Paiva face aux évènements prend fin avec l’arrestation pour interrogation de Rubens, emporté vers des lieux inconnus…Eunice, restant dans ce Brésil machiste des années 70 seule en charge de l’éducation de ses enfants et du fonctionnement de la maisonnée va remuer ciel et terre pour retrouver son mari disparu, tout en maintenant un climat de confiance feint vis-à-vis de ses enfants et notamment des plus jeunes…
12 ans après « Sur la route », Walter Salles réalise un come-back remarquable avec ce film d’une très grande qualité historique – les scènes d’interrogatoires sont glaçantes- ainsi que technique (superbes images en clair-obsur), jouant au passage avec des témoignages de souvenirs familiaux filmés en Super 8 et de nombreuses photos symboles d’une époque. A cela s’ajoute le jeu tout en sensibilité et subtilité de Fernanda Torres, cette femme qui à la suite de la disparition de son mari a pris son destin en mains, alors que tout est à réinventer : la sphère familiale, la gestion financière, la mémoire de celui qui a disparu et qui grâce à sa force de caractère va poursuivre ses recherches.
Enfin, il faut noter la B.O. est particulièrement riche, illustrant avec bonheur la floraison musicale de l’époque, symbolique d’une certaine insouciance et du besoin de références hors des frontière, comme pour échapper aux sévices d’une féroce dictature militaire de plus en plus intrusive et pesante.
Sans aucun doute pour moi, le premier coup de cœur de l’année 2025, déjà récompensé par le Prix du scénario à la Mostra de Venise et par un Golden Globe amplement mérité pour Fernanda Torres.
Le verdict
18/20
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